Alexis Valet (Scène Aquitaine)

SEPTEMBRE 2016

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« Les Tremplins donnent une visibilité, c’est peut-être plus important que les dates dans les festivals »

 

Alexis Valet est un jeune vibraphoniste émergeant de la scène musicale bordelaise. Diplômé du Conservatoire de Bordeaux, il s’amuse avec différents styles de musiques jusqu’à créer son sextet en septembre 2015 avec lequel il remporte le tremplin Action Jazz en février 2016. Ambitieux, le jeune homme s’est installé à Paris pour décrocher son diplôme national supérieur professionnel de musicien.

 

Racontez-nous votre rapport à la musique,  ça a commencé très tôt ?

J’ai découvert la musique assez tôt. J’étais inscrit au Conservatoire à 4 ans en percussions classiques, puis j’ai continué jusqu’à 12 ans, et finalement j’ai arrêté pour me consacrer au handball où j’avais un bon niveau. J’ai repris en amateur de 16 ans jusqu’à 21 ans où je faisais un peu de musique par-ci, par-là. Je m’étais réinscrit dans un petit Conservatoire. A ce moment-là je m’étais intéressé au rock des années 60 et au jazz et ensuite j’ai appris par moi-même pas mal de trucs grâce notamment à internet. Puis j’ai eu un héritage qui m’a permis de m’acheter un vibraphone. A 19 ans, je suis arrivé à Bordeaux pour mes études, j’ai pris un an et demi de cours de jazz et du coup à 22 ans je suis rentré au Conservatoire de Jazz à Bordeaux. 

 

Vous êtes vibraphoniste, comment avez-vous découvert le vibraphone ?

En fait, j’ai commencé par la batterie et j’avais envie de faire des solos avec des notes donc je me suis dirigé vers le vibraphone. C’est un instrument qui fait partie de la classe des percussions donc c’était assez facile de passer de la batterie au vibraphone, plus que de la batterie au piano. Il y a une logique.   

 

Où puisez-vous votre inspiration pour la composition de vos morceaux ?

C’est une histoire de hasards. Il y a quelques compositions pour lesquelles je me suis assis à une table pour travailler, je peux partir sur plein de choses. D’autres compositions sont arrivées de manière un peu plus marrante comme lorsque j’étais au camping et qu’il y avait un chien qui n’arrêtait pas d’aboyer un matin, il m’a réveillé alors que je n’avais pas beaucoup dormi, il y avait un oiseau qui chantait et du coup j’ai fait un thème par rapport à ce chant d’oiseau qui est resté dans ma tête. En fait, je travaille beaucoup à partir de systèmes, c’est-à-dire que je vais imaginer un système et je vais faire une composition à partir de ce système. Ça peut être mathématiques, ça peut être tout et n’importe quoi.

 

En février dernier, vous avez remporté avec ce sextet le tremplin Action Jazz 2016. Cela vous a-t-il ouvert des portes, qu’avez-vous gagné ?

On a gagné trois ou quatre concerts pour des festivals. C’est super parce que si on ne gagne pas ce genre de tremplins, on n’a aucune chance de jouer dans un festival. C’est très dur de se lancer, en fait. Il y a des gens qui jouent très bien et qui n’ont pas du tout les portes des festivals ouvertes. On n’attend pas forcément de reconnaissance de la part d’un jury, c’est juste le seul moyen pour nous de pouvoir être programmés dans des festivals. Ça donne aussi de la visibilité et c’est peut-être même plus important que les dates dans les festivals parce que ça nous permet de nous faire des contacts, d’avoir plus de dates à l’avenir.

 

Depuis peu, vous vous êtes installé à Paris pour intégrer le pôle Supérieur de Paris-Boulogne, pour y passer votre diplôme national supérieur professionnel de musicien. Quel est votre plan de carrière ?

Cette école en fait, c’est plutôt un prétexte pour monter sur Paris. Ici, il y a une concentration de musiciens qui est bien supérieure à toutes les autres villes françaises. A Bordeaux, tout le monde m’a dit d’aller à Paris, parce qu’à Bordeaux je risquais de m’enterrer. Ce n’est pas pour ça que je ne reviendrai pas à Bordeaux, mais c’est vrai que c’est très intéressant de venir à Paris, de rencontrer d’autres musiciens, meilleurs que ce que je peux l’être et surtout de se faire « pousser au cul » parce que ça reste du sport, il faut qu’il y ait toujours quelqu’un pour vous motiver.