Bérengère Krief

NOVEMBRE 2014

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« Quoi de mieux que bien connaitre les femmes pour mieux les séduire »

 

Fraîche et moderne, girly et universelle, Bérengère Krief fait rimer cupcake et politiquement incorrect. Dans son one-woman show décomplexé, Bérengère Krief se met à nue et se dévoile. L'humoriste y aborde ses problèmes de fille. Entre son amour pour le chocolat et la drague un peu lourde, elle y distille son humour cinglant.

 

Tu as commencé comédienne, Comment t’es venue l’envie de te tourner vers l’humour ? Généralement c’est le contraire qui se produit ?

Ce sont deux choses très différentes, j’ai commencé par le théâtre à 9 ans, Je n’avais pas encore connaissance de ce qu’était l’humour. C’est en regardant des spectacles, en grandissant que j’ai découvert une VHS d’Elie Kakou et j’ai aimé cette forme de spectacle. Après j’ai fait beaucoup de théâtre entre autre, et ce n’est que plus tard, que je m’y suis mise en travaillant dans un café-théâtre. C’est juste une autre discipline, on est comédien avant tout, et il faut savoir jouer.

 

Quels humoristes te font rire aujourd’hui ?

Je n’ai pas eu beaucoup l’occasion d’aller voir d’autres spectacles d’humoriste cette année, j’ai toutefois vu celui de florence Foresti qui est très bien. Cependant, je trouve que lorsque l’ont fait le même métier, c’est compliqué. Ce n’est plus la même fraîcheur que dans mon enfance. J’aime bien aussi aller voir d’autres formes de spectacles pour m’enrichir un peu et voir autre chose.

 

Comment travailles-tu à l’écriture de tes sketchs et comment est né ce spectacle ?

Je travaille avec un auteur Grégoire Dey, on discute beaucoup, je lui raconte des anecdotes et à partir de là, c’est lui qui structure complétement le spectacle, il trouve des concepts de sketch et on les teste,  si ça marche on garde, sinon on enlève. C’est un peu lui mon bloc note, le spectacle se fait à deux, moi j’apprends vite, lui il écrit beaucoup. C’est ainsi que l’on a toujours travaillé pour mes spectacles.Ce spectacle est né à l’époque où je travaillais au Théâtre le Bout, j’y voyais des représentations diverses, j’étais rentrée dans cet univers et un moment j’ai eu envie de faire la même chose. J’avais très peur évidemment mais j’ai demandé au directeur de me donner une date. Six mois après il fallait que j’assure, j’ai fait ça comme un défi personnel sans avoir trop l’idée de ce que j’allais faire, mais je ne pouvais pas me défiler, il fallait que je me lance et j’ai fait ce one- woman show.

 

C’est un spectacle qui ne s’adresse pas qu’aux filles d’ailleurs ?, que pouvez-vous en dire pour définitivement convaincre les hommes de venir vous voir ?

Je dirais que ce n’est pas un spectacle girly ou avec l’étiquette « interdit aux hommes », ce n’est pas du tout la démarche. Quand on est une femme tout le monde a tendance à croire que c’est une conspiration féminine ligué contre les hommes, mais pas du tout. Déjà le spectacle est co-écrit avec un homme, et dans la salle il y a davantage d’homme qu’à mes débuts et ils n’ont pas l’air de s’ennuyer. J’ai des témoignages d’hommes qui ont passé un bon moment et ils sont parfois surpris de s’être amusé. On rit juste des travers des uns et des autres. Il y a pleins de sujet qui peuvent les toucher, et quoi de mieux de bien connaitre les femmes pour mieux les séduire.

 

Comment définirais-tu ton style ?

Je ne sais pas du tout, j’ai un spectacle interactif, je m’adresse directement aux gens avec très peu de coupure, ça s’enchaine tout du long. On n’y retrouve des personnages, on parle de télé, de « l’amour est dans le près », de Christina Cordilla, de mes amis, d’amour. Pleins de choses. Tout s’enchaine d’un seul bloc, et c’est ce qui fait que l’énergie prend et on passe un vrai bon moment, il n’y a pas de politique ou de messages engagées, ce n’est qu’un divertissement pour rire tous ensemble.

 

Ton côté angélique te permet assez de liberté dans le style décalé de tes sketches, c’est une chance ?

Oui et non, c’est vrai que pendant longtemps j’étais un peu abonné aux rôles de jeunes premières et pourtant ce n’était pas les rôles vers lesquels je voulais me tourner et j’ai su en tirer parti effectivement. Avec ma tête on ne s’attend pas à ce que je dise certaine chose et du coup oui j’en profite allégrement.

 

Comment aborde-tu la scène, malgré ton jeune âge, tu sembles très à l’aise avec ton public, d’où cela vient-il ? As-tu des rituels avant de monter sur scène.

Non je n’en ai pas, justement c’est ça mon rituel, ne pas en avoir, ça m’angoisse, on devient vite superstitieux sinon. Généralement je me prépare suivant l’humeur, j’arrive, je me maquille, je me change. Ou je m’occupe de mon décor et de ma condition physique. Tout ce que je fais, ce sont des exercices de sophrologie depuis un an. Cela m’aide à gérer mieux le trac et l’angoisse. Etre à l’aise, je le travail, il faut trouver l’énergie pour être bien. Si cela ne se voit pas c’est que je le gère bien. Je ne suis pas une grande traqueuse non plus.

 

Tu affiches souvent complet pour tes spectacles, tu t’attendais à un tel succès ?

Non, j’avoue, c’était vraiment un défis personnel de commencer, et après j’ai vu l’engouement qui a été suscité par ce premier one-woman show, cela  m’a donné envie de continuer et d’aller plus loin dans le spectacle… On ne peut pas savoir à l’avance que ça va cartonner. C’était une vraie surprise.

 

Quels sont tes prochains projets sur les planches ou au cinéma ?

Pour l’instant j’ai mon spectacle je le continue jusqu’en juin où ensuite je prépare l’Olympia, donc jusque-là j’ai encore beaucoup de préparation. Quand on emmène le spectacle dans de grosse salle comme l’Olympia ça demande des modifications. Il faut travailler la scénographie. Ça va être super à faire… et pour le cinéma, j’ai deux projets de film pour le printemps, deux comédies dont je ne peux pas encore parler.

 

Lyon semble être un vivier extraordinaire de jeune talent (Foresti, Denis Marechal, Alexandre Astier, Laurent Gerra, Jérémy Charbonnel) qu’y a-t-il à Lyon qui favorise selon toi l’éclosion d’autant de talent ?

La concentration de café-théâtre est très dense à Lyon, on y trouve une multitude de lieus qui font vivre l’humour ainsi que des festivals. Cela attire les professionnels du métier. Quand j’ai commencé j’avais un duo comique avec un copain, et j’avais remarqué que l’ascension allait très vite car les professionnels se déplacent à Lyon et sont là pour repérer les talents et on est vite aspiré par le système. La qualité de vie aussi, moins de stress. Nous avons de bonnes écoles de théâtre ou de cinéma et on ne croule pas sous la concurrence comme à Paris. Cela s’explique peut-être ainsi, et ça contribue surement à faire éclore des artistes dans de bonnes conditions.

 

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