Baronne

JUIN 2015

© Culture Mag Atlantique 
Reproduction totale ou partielle strictement interdite sur tout support sans autorisation préalable.

Place au rock avec un groupe local, Baronne un groupe bordelais fondé en 2012.

Composé de deux frères Matthieu et Rémi Hébrard (au chant et à la batterie), du guitariste Jonathan Maury et du bassiste Joffrey Bourdet, Baronne vous emmène dans un univers sombre et hanté, où le rock côtoie avec hargne des textes fracassants.

 

Après une année de composition et la sortie d’un EP, où en êtes-vous aujourd’hui ?

Rémi (batteur) : Ça va faire un an qu’il est sorti et nous sommes encore en pleine composition. On a évolué dans notre style, et au-delà de la musique, on a approfondi l’univers du groupe, l’esprit, les clips. Pour l’instant, nous n’avons pas prévu une autre sortie d’EP parce qu’on préfère ce concentrer sur la compo et le live pour essayer de se faire connaître et se faire un nom.

 

Quelles sont les influences musicales du groupe ?

Jonathan (guitariste) : Les influences sont assez variées, chacun à son univers. Pour ma part, c’est un univers assez sombre, de la musique folk avec un gros travail sur l’arrangement, j’aime les groupes avec un univers très prononcé. Je sais que Rémi et Mathieu, les frangins, viennent un peu du style punk rock… Le bassiste Joffrey est plus dans le même univers que moi, plus folk. Mais d’un point de vue général, on est assez proches de tout ce qui est rock, on a pas mal d’influences américaines.

 

Comment définirais-tu le style de Baronne ?

Rock alternatif français et on insiste là-dessus car nos textes sont en français.

 

Et d’ailleurs, pourquoi ce nom de groupe ?

Rémi : Il n’y a pas vraiment de raison mais c’est par rapport à l’univers du groupe et donc les gens le découvriront au fur et à mesure… Mais peut-être que Geoffrey qui est à l’origine du nom du groupe pourrait en dire davantage !

Joffrey (bassiste): C’est parti de plein de trucs… A la base, c’est ésotérique, dans l’Histoire, quand les gens faisaient des rituels sataniques, ils appelaient le dieu, ‘Baron’. Ça m’a fait marrer, j’trouvais que ça collait même aux paroles de Mathieu et je l’ai proposé au reste du groupe ! Ils m’ont dit que c’était naze, que ça ne sonnait pas ! Alors on l’a mis au féminin et ça a donné ‘Baronne’ !

 

Pourquoi avoir choisi cet univers assez sombre ?

Joffrey : Bon déjà, il faut dire qu’on n’est pas du tout dans le trip ‘rock satanique’ ! (rires) On a choisi un truc très intemporel : en choisissant un titre de noblesse, (d’autant que Baron c’est le titre le moins élevé !), ça collait non seulement à quelque chose qui pouvait, historiquement parlant, aller à peu près partout mais en plus, c’était quelque chose qui était proche du peuple, il y a une dimension presque prolétaire...

 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de la musique ?

Rémi : Avec mon frangin, on avait un paternel qui était vachement rock’n’roll, hard rock et tout ça ! Alors on a baigné très tôt là-dedans même si on est les premiers de la famille à avoir touché des instruments de musique. Pour nous, c’est surtout l’idée du groupe de musique qui nous plaisait, après l’instrument est venu, mais c’était surtout cet intérêt de faire quelque chose en groupe. Je suis d’ailleurs souvent plus fan des groupes que des chanteurs indépendants.

Jonathan : Moi c’est un peu particulier… Comme je faisais beaucoup de surf, j’ai regardé un film de surf qui s’appelle Endless Summer 2 et toute la bande originale était jouée par un guitariste, c’était que de l’instrumental, que des solos de guitare. J’ai trouvé ça magnifique et ça m’a donné envie de jouer.

Joffrey : ça date d’il y a tellement longtemps que je ne suis même pas capable de m’en souvenir ! La première chanson qui m’a marqué ça devait être un truc des Beatles, archi-connu mais j’ai senti qu’il y avait vraiment de la magie là-dedans. Dès que j’ai pu toucher une guitare ou un piano, je m’y suis mis et je me suis toujours dit que ça allait avoir une grosse place dans ma vie.

 

Quels sont vos parcours musicaux ?

Joffrey : Moi, j’ai démarré avec le groupe et j’ai appris en son sein, ça fait seulement 3 ans que je joue de la basse !

Rémi : J’ai commencé très tôt avec le piano mais ça ne m’a pas plu, je pense que j’étais trop jeune. Puis j’ai pris des cours de Djembé au lycée, progressivement, jusqu’à ce qu’un de mes profs me disent de me lancer dans la batterie. Je n’ai pas pris de cours mais mes parents m’en ont offert une, je me suis fait la main dessus jusqu’à ce que mon frangin, voulant jouer avec moi et me voyant avec mon propre groupe de musique, souhaite rejoindre la bande et se mette à la guitare en jouant que sur une corde, très jeune ! Il avait 8 ans, moi 11-12. Mathieu a pris des cours de guitare et il s’est perfectionné avec des cours de chant et de piano depuis des années.

 

Comment vous répartissez-vous le travail au sein du groupe ?

Joffrey : Au début c’était plutôt Mathieu qui faisait tout de A à Z et nous, on essayait de se poser dessus ! Maintenant, c’est surtout Mathieu et John qui travaillent à la matière première puis on travaille tous les 4 sur les arrangements, la structure…

 

Bordeaux, capitale rock et capitale culturelle, vous confirmez ?

Baronne : Non, capitale rock, ça fait longtemps que ça ne l’est plus et aujourd’hui, c’est très dur pour le rock de se faire une place, à Bordeaux comme en France d’ailleurs. Si le rock n’est pas forcément démodé, ce n’est pas lui qui est à la mode en ce moment. Après Bordeaux, capitale culturelle, peut-être… En tout cas c’est en pleine expansion même s’il y a encore des progrès à faire !

 

Vous optez pour des textes souvent intimistes… Qu’est-ce qui est important à dire pour vous ?

Mathieu (chanteur) : Ma façon d’écrire est basée sur ce que je vis, sur ce qui me surprend, ce qui m’interroge. Je n’ai pas vraiment de messages, c’est assez libre, j’essaie d’être le plus ouvert possible. Je n’ai pas de thème récurrent, je ne me dis pas qu’il faut que j’écrive sur tel ou tel sujet mais je m’inspire de tout ce qui se passe autour de moi, dans la société, et comme je trouve qu’on nous le rabâche suffisamment comme ça, je n’ai pas envie d’entendre ces mêmes choses dans mes chansons alors j’essaie de les traiter de manière détournée… Je les mélange avec mon vécu pour faire passer un message plus neutre et les gens se font leur propre idée.

 

Un mot pour définir le groupe ?

Baronne : Famille ! Complicité, engueulades, tout ce qui est compris dans le mot famille ! 

 

Baronne jouera, à l’occasion, du Festi’Mios le vendredi 24 juillet 2015. 

© Culture Mag Atlantique 
Reproduction totale ou partielle strictement interdite sur tout support sans autorisation préalable.