Bitiop

OCTOBRE 2016

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« Beaucoup de choses font qu’aujourd’hui, nous sommes plus ou moins dégoûtés du genre humain. »

 

Bitiop, c’est un mélange. Un mélange d’influences, un mélange d’univers, un mélange d’actualité et de souvenirs dans les textes. Ce groupe, 100% landais, composé de Benjamin, Julien et Thibault, a sorti son 2e EP, « Rataupe » au mois d’octobre. CultureMag vous propose de découvrir, à l’occasion d’une interview avec Benjamin, ceux qui se cachent derrière ce rap puissant, riche en musicalité.

 

Question incontournable, présentez-nous votre groupe.

Le groupe Bitiop est composé de trois personnes, Julien à la basse, Thibault aux machines et à la guitare, et moi-même, Benjamin au chant et à l’écriture des textes. Ça va faire deux ans que le groupe existe. Au niveau du style, les influences sont assez diverses puisque Julien est plus dans le métal. Thibault, lui, est plus influencé par tout ce qui est rock psyché et moi je suis plutôt sur du hip hop à la base. Donc tout ce mélange donne le son de Bitiop dans lequel vous retrouverez des influences rock, électro et hip hop.

 

Qu’est-ce qui vous a réuni tous les trois ?

A la base Bitiop était un groupe de cinq personnes qu’on avait formé pour l’anniversaire de deux copines. Et de ce groupe de cinq, où il y avait des platines, de la guitare, de la batterie et du chant, il n’est resté que deux personnes, Julien et moi. Thibault, était une connaissance amicale et musicale qu’on avait en commun. Il nous a demandé s’il pouvait nous rejoindre, et c’est comme ça qu’est né Bitiop à trois. Nous sommes tous originaires des Landes. 

 

De quoi s’inspire votre musique, dans les textes ?

Les textes aujourd’hui parlent de l’air du temps, c’est quelque chose qui n’est pas très positif. Dans l’écriture, je suis inspiré par tout ce qui se passe aujourd’hui, à notre époque moderne. Donc c’est peut-être pour ça que le dernier EP a un côté mélancolique, triste, parce que ça a été écrit pendant l’année 2016, qui n’a pas forcément été une année très fleurissante en matière de positivité. Beaucoup de choses font qu’aujourd’hui, nous sommes plus ou moins dégoûtés du genre humain. C’est une partie de mon inspiration. Et puis à côté de ça, je parle aussi de mes souvenirs d’enfance comme dans la chanson « Con de Ricain » qui fait référence à ces jeunes adolescents qui ont vécu dans de petits villages mais qui en regardant la télévision, voyaient les Etats-Unis comme étant l’Eldorado.

 

Au mois d’octobre, vous avez sorti un 2e EP « Rataupe », qu’est-ce que ce titre signifie ?

Le rat-taupe est un animal qui existe vraiment. Pourquoi ce titre ?

Parce qu’on a fait une résidence, au printemps dernier, dans l’Eco-lieu Jeanot à Rions-des-Landes. Dans les activités de cet éco-lieu, il y avait une activité maraîchère. Et sur la note de service, il y avait marqué qu’il fallait poser des pièges pour les rats-taupes, ça nous a interpellé et ça nous est resté depuis. Et au moment où il a fallu trouver un nom pour cet EP, ça a été celui-là !

 

L’autoproduction, est-ce un choix ou une obligation ?

Disons que nos moyens aujourd’hui ne nous permettent pas d’avoir beaucoup d’outils à disposition, même si, par ailleurs, nous arrivons à bien nous débrouiller. Mais l’autoproduction, c’est un choix aujourd’hui, oui. Parce que nous sommes très fiers de tout faire nous-mêmes, que ce soit pour la partie musicale mais aussi visuelle puisque nous avons fait un clip cet été. Le seul écart que nous nous sommes accordés sur cet EP, c’est le mixage, qui a été fait dans un studio professionnel à Bordeaux. Nous nous rejoignons tous sur les principes du concept « Tout faire soi-même ». 

 

Avez-vous un album en préparation ?

La sortie d’un album… Tout ça est une question de temps et de disponibilité. Disons que notre rendement créatif se fait au fil de l’eau. On compose tout au long de l’année et quand on a un certain nombre de titres, on voit ce qu’on peut en faire. L’album, pour le moment, nous ne l’avons pas vraiment envisagé. Après, on se dit que les modes de diffusion de la musique changent et que du coup avec les réseaux sociaux, on peut sortir les chansons au compte-goutte si on le souhaite. Ce système nous plaît bien, nous ne sommes pas forcément focalisés sur la sortie d’un album. 

 

Vous parliez de nouveaux modes de diffusion. Votre EP est disponible sur votre site en téléchargement libre. Pardonnez cette question, mais cette méthode est-elle rentable ?

Nous, ce qui nous intéresse, c’est la diffusion de notre musique. Les CD physiques, qu’on peut vendre lors des concerts ou qu’on a mis en vente-libre dans une librairie (Caractères, Ndlr) ou dans un magasin de vêtements (Bank's Skate-shop, Ndlr) à Mont-de-Marsan, sont à 5€. Comme nous avons investi sur la création de ces CD, c’est le seul truc qu’on fait payer pour ne pas perdre d’argent. 

 

Bitiop, qu’est-ce que ça donne sur scène ?

Je pense que nous avons de bonnes expériences en matière scénique. Le rap, déjà, est une forme de chant qui appelle à bouger naturellement. Nous, ce que nous essayons de faire, c’est d’être proche du public. On essaie de le faire adhérer à ce qu’est Bitiop aujourd’hui, c’est-à-dire quelque chose qui ne ressemble pas à grand-chose, qu’on ne peut pas forcément ranger dans une case mais qui fait bouger la tête, qui interpelle, qui fait ouvrir les yeux.

 

Le 2e EP de Bitiop est sorti au mois d’octobre. Pour l’écouter : http://www.bitiop.fr. Prochain concert le 4 février 2017 au Café Music à Mont-de-Marsan.