Blackbird Hill (Scène Aquitaine)

JUIN 2017

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« A chaque fois, on essaie de donner un maximum d’énergie comme si chaque concert pouvait être le dernier. »

 

BlackBird Hill est un duo de Blues Rock formé par Alexis et Max en 2012. Leur force, ce sont leurs deux chants qui s'accordent au duel entre guitare et batterie, pour délivrer des compositions énergiques aux accents incantatoires. Après un premier EP, BlackBird Hill a récemment sorti un Maxi « Midday Moonlight ». Alex, nous en dit plus sur ce projet et vous donnera sans doute envie de découvrir ce duo en live.

 

Avant de parler de votre musique, parlez-nous de ce duo. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Nous avions 10 ans lorsque nous nous sommes rencontrés. A l’époque, nous étions juste des potes, nous ne faisions pas de la musique. Et puis, en grandissant, on a fait de la musique chacun de notre côté avec nos potes respectifs. Nos chemins se sont recroisés fin 2012. Forts de nos expériences, on a eu l’idée de créer un projet à deux. On s’est fait écouter deux, trois morceaux qu’on aimait bien, histoire de voir quelle direction artistique nous souhaitions prendre et on s’est de suite entendus sur le Rock et le Blues.

 

Au départ chacun de votre côté, quelle style de musique jouiez-vous ?

Moi, j’étais vraiment à fond dans le Blues. Le Blues, le Gospel sont des styles qui m’ont profondément touchés. Max était plus dans le Rock moderne, The Dead Weather, les Wright Stripes.   

 

Pourquoi le Blues Rock a-t-il été une évidence pour vous ? Que vous permet cette direction artistique ? 

Ce sur quoi nous nous sommes entendus, c’est l’efficacité des compositions et surtout sur le fait que c’est un style de musique qui se joue, qui se chante avec les tripes.

 

Un événement particulier vous a-t-il amené à considérer la musique de manière professionnelle ?

Il n’y a pas eu vraiment d’événement particulier. Fin 2012, on ne savait pas trop quoi faire de nos vies, la seule chose qui était sûre, c’est que la musique portait la plupart de nos journées et ça nous animait. Donc on s’est dit qu’à créer un projet Blues Rock, autant le faire le plus sérieusement possible. Et les choses se sont enchaînées. Nous sommes tous les deux très sérieux et très appliqués sur ce que nous faisons, ce qui a permis de faire évoluer les choses dans ce sens-là.

 

Vous faites partie des artistes soutenus par le Krakatoa dans le cadre de sa Pépinière. Quelle aide vous apporte le Krakatoa ?  

Le Krakatoa nous aide notamment en termes de communication et nous donne beaucoup de conseils qui concernent la technique mais aussi le côté administratif. Le Krakatoa organise également de nombreux ateliers auxquels nous participons, qui nous permettent de rencontrer des professionnels de la musique.

 

Vous avez sorti au mois de mai dernier un Maxi composé de six titres. Le thème de la mort est très présent. Vous dites même « transpirer la peur de la mort ». Expliquez-nous.

C’est-à-dire que ces dernières années, nous avons côtoyé la mort de près ou de loin, de par nos proches. Et puis, l’été dernier, nous avons participé aux Bouffardises, qui est un festival organisé en hommage à Maxime Bouffard, l’une des victimes du Bataclan. Ce sont ses copains qui ont créé ce festival, et on a vraiment eu l’impression que Maxime était avec nous. C’était très touchant de voir sa famille et toutes les personnes du village où il a grandi se rassembler lors de ce festival pour lui, pour la musique. Ça nous a vraiment ouvert les yeux, et on s’est dit que finalement nos chansons parlaient de ça, de la mort, du départ, de l’absence…

 

Comment ça se traduit dans vos compositions musicales ?  

Il y a dans un premier temps, tout le vocabulaire a trait au Blues auquel on ne peut qu’être attaché quand on écoute ce genre de musique-là. Le fait d’être sur la route, de prendre tel ou tel chemin, de se retrouver face à un carrefour pour reprendre les paroles du bluesman Robert Johnson. Ça se traduit aussi dans le fait de tout donner sur scène. A chaque fois, on essaie de donner un maximum d’énergie comme si chaque concert pouvait être le dernier. C’est un peu kitch de dire ça, mais c’est vraiment ce que nous essayons de faire. Bien plus que d’enchaîner les morceaux sur scène, on interprète notre musique et nos textes.

 

Finalement, cette peur de la mort vous pousse à vivre plus ou plus intensément du moins ?

On peut le dire comme ça quelque part. On ne va pas jusqu’à prendre le contrepied et faire la « teuf » tous les soirs. Mais effectivement, on prend la mesure des choses. Et c’est vrai que lorsque nous prenons la route, chaque rencontre, chaque expérience que nous faisons compte énormément pour nous. On se rend compte de la chance qu’on a de prendre la voiture, de partir sur les routes, rencontrer des gens, de jouer devant des gens qui ne nous connaissent pas mais avec qui on partage ces choses-là. 

 

Vous avez formé ce duo il y a cinq ans et sorti un EP et un maxi. Vous parliez des rencontres qui vous nourrissent humainement et artistiquement. Mais comment voyez-vous l’évolution de votre musique ?

C’est vrai que les rencontres nous nourrissent, nous font avancer. Il arrive même qu’on compose des textes en rapport avec des discussions qu’on a eu avec telle ou telle personne. Toutes les rencontres qu’on a pu faire nous ont fait évoluer. Nous sommes déjà en train de composer les prochains morceaux, on ne fait qu’avancer, on a la tête dans le guidon. Le prochain objet sera plus qu’un maxi, comme le second a été plus qu’un EP.

 

On se dirige petit à petit vers un album ?

Effectivement, ce serait peut-être la prochaine étape, en tout cas on travaille pour ça !

 

Votre projet est accompagné d’une esthétique visuelle très travaillée. Quel est l’intérêt de tout ça ?

Nous sommes très attachés à l’image. La musique que nous faisons et la musique que nous aimons écouter nous font voyager. En voyageant et en racontant des histoires, on crée des images, des ambiances, des scènes. N’importe quel artiste vous le dira, il aime s’enfermer dans son univers  pour pouvoir créer et c’est un peu notre cas. C’est pour cela que nous travaillons beaucoup sur nos visuels, pour pouvoir recréer cet univers-là et ces images qui sont rattachées à notre musique. 

 

Il est vrai que votre musique est très cinématographique, composer pour le 7e art, ça vous tente ?

On a eu quelques synchros dans une web série qui s’appelle « Beard Club » qu’on aime beaucoup. Cette série qui raconte l’histoire de deux flics qui enquêtent sur des meurtres, a été créée par un de nos potes installé à Marseille. Donc on a quelques morceaux dans cette web série et on en est très fiers. Ça s’arrête là pour l’instant mais effectivement je pense que Max et moi, on aimerait beaucoup travailler pour le cinéma.

 

BlackBird Hill en concert le 18 août à la guinguette Chez Alriq à Bordeaux et le 30 août au Parc du château de Belfort  à Saint-Médard-en-Jalles.