Cliché

AOUT 2016

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« On veut que chaque morceaux soit comme une photographie, d’un moment, d’une émotion »

 

Captiver quelques instants, capturer ces moments, envoûter l’atmosphère et capter la lumière. Et d’un simple déclic vous dévoiler Cliché. Les chansons de l’élégant quintette bordelais s’envisagent comme une rencontre entre Air, Gainsbourg et Bashung, comme autant d’instantanés poétiques, atmosphériques et envoûtants. Hervé Puvilland, le chanteur du groupe répond aux questions de CultureMag.

 

Question incontournable. Comment le projet Cliché est-il né ?

Ce projet est né en 2013 avec un ami. C’est quelqu’un avec qui j’avais fait de la musique il y a assez longtemps, au début des années 2000. Du coup, on s’est remis à faire des chansons ensemble. Moi, j’avais fait pas mal de projets électro ou rock mais en anglais. Là, on avait vraiment envie de faire ce qu’on faisait quand on avait 20 ans, c’est-à-dire de la chanson française ce à quoi on a ajouté tout ce qu’on avait appris entre temps, et tout ce qu’on aimait bien et ça a donné « Cliché ». 

 

Il y a un réel mélange des genres musicaux : pop-rock, électro, variété française. Cette idée de mélange vous tenez à cœur ?

En fait, on ne s’est jamais trop posé de questions. Les morceaux sont venus et viennent un peu comme ça, en marchant dans la rue, il y a un air qui vient dans la tête, ensuite on fait le morceau. On se laisse aller, ce qui fait que tous les morceaux sont différents. Le seul lien entre eux, c’est qu’ils sont toujours chantés en français. On n’a pas vraiment de méthodes, disons qu’on en a mais en fait il y en a plusieurs. Du coup, chaque morceau a son identité propre et c’est d’ailleurs un peu pour ça qu’on s’appelle « Cliché ». C’est parce qu’on veut que chaque morceaux soit comme un instantané, une photographie, d’un moment, d’une émotion ou d’une ambiance.

 

A chaque fois qu’on parle de vous, on évoque Gainsbourg ou encore Bashung et Air. Ce sont des références autoproclamées ou qu’on vous a collé ? En tout cas, ça doit mettre une certaine pression au groupe, non ?

Il y a un peu des deux. Mais c’est vrai qu’on les a cités dès le départ et ensuite ça a beaucoup été repris. Certaines critiques nous rapprochaient de Air, et c’est vrai qu’on entend pas mal cette influence sur certains morceaux. Et puis, les voix un peu parlées, graves, rappellent forcément un peu Gainsbourg… Mais quand on a monté le projet, on ne s’est jamais dit qu’on voulait à tout prix ressembler à ce que ces artistes ont pu faire. C’est un peu après coup en réécoutant nos morceaux qu’on a trouvé ces influences-là. Et on n’essaie surtout pas de rivaliser avec eux, même si j’aimerais bien que notre groupe marche aussi bien que Air (rires).

 

D’ailleurs Air sera le samedi 10 septembre au Festival Ocean Climax, le même jour que vous. Avez-vous déjà rencontré Nicolas Godin, Jean-Benoît Dunckel ? 

Non, on ne les a jamais rencontrés. D’ailleurs, je ne sais pas si on va les rencontrer, s’ils seront accessibles parce que nous faisons partie des groupes locaux et eux des stars donc je ne sais pas si on va pouvoir les approcher. Mais si c’est le cas, j’aimerais beaucoup parler avec eux.  Ça serait vraiment chouette !

 

Les textes de vos deux EP sont-ils inspirés d’image ?

Pour l’écriture, souvent je compose le morceau et après je vais faire une sorte de yaourt en français pour pouvoir commencer à écrire un texte. Et ensuite, à force de chanter ce yaourt, il y a des mots qui se dessinent, puis un univers se dessine et on part là-dessus. Par exemple, « Pas Chat » qui parle des chats. A la base le refrain était « Comment t’aimer si t’es pas là ? » et puis on a changé par « Comment t’aimer si t’es pas chat ? » et du coup ça nous a donné la direction pour faire un morceau sur les chats.  En fait, ce sont un peu des accidents ! Mais parfois, ça arrive que nous ayons d’abord un texte et que nous fassions la musique autour. Un peu comme la musique, les textes viennent comme ça, en se promenant, on entend quelqu’un dire quelque chose et puis on travaille dessus.

 

D’où vous vient votre poésie ?

En fait, c’est un peu compliqué. Car l’auteur de la majorité des textes ne fait plus partie du groupe. J’en ai écrit aussi de mon côté. Lui a un côté très poétique dans ses textes, il lit énormément, moi, j’ai un côté plus terre-à-terre, je suis un peu moins poétique. Par exemple dans le deuxième EP, il y a un morceau qui s’appelle « Tout ouïe » qui est plus cynique, qui est un peu moins poétique que « Carré magique » par exemple. Mais je pense que la poésie finalement on peut la puiser dans la vie, dans ce qu’on ressent, dans le vécu. Par exemple, quand on rentre d’une soirée, qu’on a bu, il peut se passer plein de choses. On a un texte comme ça qu’on n’a pas encore sorti, « Cahin caha », qui parle un peu de ce moment, de ce ressenti, de cette ambiance quand on rentre chez soi très tard le soir, qu’on voit le soleil qui se lève… Je pense que c’est dans ces moments-là qu’on peut puiser quelque chose et faire de la poésie. 

 

Avez-vous un nouvel album en préparation ?

On aimerait bien en faire un. On a fait deux EP’s, un quatre titres, un cinq titres, donc ça serait bien de faire un album. J’aimerais bien trouver un label qui puisse nous financer pour qu’on puisse se retrouver en studio et qu’on fasse un bel album. C’est un peu mon objectif.

 

Nous l’avons dit vous participerez au Festival Ocean Climax, un festival engagé pour la protection de l’environnement, des océans. Vous-mêmes êtes-vous engagés ? Quels sont vos gestes quotidiens pour la protection de la planète ?

Engagé, je ne sais pas ce que ça veut dire, mais évidemment que ça nous touche et que c’est un sujet qui nous intéresse. Pour moi quand on est engagé, c’est qu’on fait quelque chose pour que ça aille mieux. Si je ne suis pas arrivé à devenir végétarien, par contre je mange très peu de viande depuis un an. La condition animal, c’est quelque chose qui me touche vraiment énormément surtout que ces derniers temps, on a vu des vidéos assez atroces. Je trouve ça très bien que des personnes s’engagent.

 

Avez-vous une tournée de prévue ?

Il y a eu un moment où on a eu pas mal de dates et puis là, ça se calme un peu. Alors on n’a pas beaucoup de dates, mais celles que nous avons, c’est du lourd. On vient d’apprendre qu’on va faire les Transmusicales de Rennes en décembre, puis une autre date à Paris. Disons qu’on est dans une période un peu creuse et puis l’auteur des textes a quitté le groupe, on a eu des petits litiges avec le label, donc il y a eu un moment où on n’a pas trop créé d’actu. Mais à la rentrée, on va sortir pas mal de clips, des morceaux en one shot notamment un sur les paradis fiscaux. On essaie de changer un peu, de faire des choses un peu plus engagées.

 

Quand vous dites « des litiges avec le label » ça veut dire que vous n’avez plus de label à ce jour ?

Oui, on n’a plus de label. Le deuxième EP est sorti grâce à un partenariat avec La Souterraine, qui ne sort que des artistes qui chantent en français. On est très content de ce partenariat mais on aimerait trouver un label très bientôt.

 

Le groupe Cliché sera sur la scène du Festival Ocean Climax à Bordeaux le samedi 10 septembre. Renseignements http://oceanclimax.fr.