Dédo

MARS 2016

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Avec « Killing joke », Dedo revient avec un 2nd spectacle où il décide d'aller encore plus loin dans l'humour noir et l'absurde. Que vous le connaissiez à travers son précédent spectacle « le prince des ténèbres », le Jamel Comedy Club, la radio, le portail web « Golden Moustache », la Tv avec Bref ou pour avoir fait partie de la troupe des « Airnadette », vous serez ravis de le retrouver sur scène.

 

« Les gens contrairement à ce que l’on peut croire ont envie de pouvoir rire de choses graves »

 

 « Killing joke », le nom de ton spectacle est vraiment surprenant, qu’est-ce qu’il cache ?

Il cache toutes mes références déjà, « killing Joke » c’est un album de Batman où on apprend que cette grande figure du mal a fait du stand up et ça s’est mal passé et c’est là qu’il a basculé vers le côté obscur et donc  Je trouvais ça intéressant comme parallèle dans l’habillage général d’employer ce titre là pour ça. Je trouvais ça d’autant plus marrant qu’en plus je suis fan de BD. « Killing Joke » c’est aussi un groupe de métal qui a officié dans les années 80 que j’aimais beaucoup. Ensuite « killing joke » un, ça sonne et deux, je trouve que ça résume bien l’univers du spectacle.

 

Ton look t’a aussi démarqué des autres humoristes. Humoriste et « métaleux », tu es le seul en France, je crois…

C’est l’idée. Maintenant  le but du jeu n’a jamais été de jouer avec ce « personnage-là » et ça n’a jamais été calculé. Je me suis rendu compte que les gens n’avaient pas l’habitude de voir ce type de look et de discours-là sur scène et du coup ça m’a permis de me décaler par rapport à ce qui se faisait. Mais le but étant pour moi de ne pas m’attarder là-dessus. Dans ce spectacle, je n’aborde même pas le sujet, pour moi, ça y est, les gens ont compris qui j’étais et il n’y a plus besoin de se « présenter ». Ça m’intéresse de pouvoir parler de tout, à tout le monde et ce 2éme spectacle s’adresse à n’importe qui et n’est pas du tout axé sur un public qui se doit d’être métaleux ou d’écouter du hard rock. C’est au final un spectacle grand public malgré les apparences.

 

L’humour noir, l’absurde, ça a toujours été ton domaine ?

Toujours, ça fait partie de mes influences. Très tôt, dès l’adolescence en fait,  j’ai découvert les Monty python et c’est devenu une référence. C’est un groupe d’humoriste anglais que j’ai adoré à travers leurs films comme « Sacré graal » ou « La vie de Brian » ou bien l’émission qu’ils faisaient à l’époque en Angleterre « les Monty Python ‘s Flying Circus ». C’était des personnages totalement barrés qui faisaient des sketches totalement absurdes dans des situations qu’ils poussaient vraiment à fond, ça m’a tout de suite interpellé. J’aborde beaucoup l’absurde dans certaine thématique comme la création du langage pendant la préhistoire ou des thèmes qui vont assez loin. L’humour noir m’a vachement attiré ensuite, j’aimais beaucoup Desproges ou des grands noms comme ça. C’est un humour qui me parle aussi et je trouve que l’alliage des deux est intéressant et original dans le sens où on n’a pas l’habitude de ce mélange. Moi je fais du slalom entre les deux et je trouve que l’un nourrit l’autre étrangement et que ça fonctionne plutôt pas mal.

 

En ce moment l’actualité fournit de quoi écrire plusieurs sketches. Est-elle source d’inspiration pour toi ?

Ça l’est parfois, mais ce n’est pas une dictature. Dans mon écriture je ne suis pas tributaire de l’actualité. Mes sources d’inspirations viennent sur le moment. Quand l’actualité s’y prête, forcément j’y vais un petit peu. Je suis obligé de parler du terrorisme parce que ça fait clairement partie de notre quotidien à tous, donc je l’aborde. Le spectacle est très dense, ça peut aller de ça, en passant par le cinéma, les animaux, un milliard de choses en fait. L’idée pour moi c’est d’avoir le ressenti d’une soirée que tu as passé avec quelqu’un avec qui tu as pu aborder un tas de choses et tu ne sais même plus comment tu es arrivé à certain sujet, mais ce n’est pas du tout gênant.

 

L’humour noir est un exercice très complexe, y-a-t-il des sujets que tu t’interdits ?

Non justement, je pars du principe que je peux et je dois rire de tout. Je ne m’interdis rien. A partir du moment où en fait j’ai trouvé l’axe qui moi me fait marrer, je le teste, si derrière ça fait rire les gens, on continue. Ce qui prouve bien que même sur des thématiques très très lourdes par moment, on peut trouver les axes qui font que les gens arrivent à en rire et à partir de là je pense que justement c’est gagné. Les gens contrairement à ce que l’on peut croire ont envie de pouvoir rire de choses graves, pour justement dédramatiser et mieux vivre avec. Ça pour moi c’est très important.

 

Retrouver Dédo avec « Killing Joke » le 14 avril 2016 à la Salle Bellegrave de Pessac dans le cadre du festival d’humour et d’improvisation « 33600 Comedy ».