David Voinson

FEVRIER 2017

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« Personne ne m’attend aujourd’hui, c’est à moi d’aller provoquer les rencontres. »

 

Souvenez-vous, dans notre édition du mois de juin 2016, nous consacrions une interview à David Voinson dans notre rubrique « Scène Aquitaine ». Quelques mois après, nous retrouvons ce jeune humoriste Arcachonnais, qui poursuit son petit bonhomme de chemin, de scène en scène à travers toute la France, jusqu’à ce plateau de tournage pour la série télévisée « Like Me » diffusée sur Disney XD.

 

Première question, comment tu vas ?

Ça va, ça va, je suis rentré sur le Bassin en vitesse ! Maintenant, je fais pas mal d’allers-retours sur Paris, je passe des castings, je fais des dates aussi à droite, à gauche.

 

On a appris que tu participais au tournage d’une série, parle-nous-en.

C’est une série qu’il s’appelle « Like Me ». C’est la deuxième saison et j’ai réussi à être figurant dans cette série. Je jouais un étudiant. Le tournage a eu lieu dans un établissement à Paris pendant deux semaines. Pour moi, c’était ma première grosse expérience de tournage. C’était vraiment une bonne expérience, j’ai gardé des bons contacts avec tout le monde donc c’est le principal.

 

Comment as-tu décroché cette figuration ?

En répondant à une annonce tout simplement. Je me suis inscrit et puis j’ai été retenu.

 

Notre dernière conversation remonte au mois de mai 2016. Depuis, comment ça se passe pour toi en tant qu’humoriste ?

Depuis, j’ai toujours continué à faire des dates sur Paris, j’ai eu la chance de participer plusieurs fois à la scène ouverte du Debjam au Comedy Club. Je parle de chance parce que c’est vraiment la scène ouverte où tout le monde démarre. Je me rends compte de la chance que j’ai de jouer là-bas et d’être repris à chaque fois, parce que c’est quand même une audition où il faut envoyer des vidéos et si on n’est pas bon à la première, on ne revient pas. Moi, ça va faire mon cinquième passage et je suis vraiment très content de monter sur la scène que je regardais à la télévision avant même de me lancer en tant qu’humoriste. Et puis, il y a pas mal de plateaux qui vont bientôt se faire. En attendant, j’ai la chance de travailler, d’écrire avec d’autres humoristes… Là, je reviens rôder mon spectacle lors d’un showcase au Casino d’Arcachon, le 15 avril prochain. Cette date est importante car elle me permet de pouvoir jouer mon spectacle un peu plus longtemps que d’habitude. Et puis j’avoue que jouer à Arcachon ça me fait plaisir parce que c’est là que j’ai commencé, donc c’est un peu comme jouer à la maison. 

 

Vis-tu à Paris, à Arcachon, ou ailleurs ?

Je ne vis pas sur Paris. Maintenant, j’essaie de bouger aussi pas mal en province… Je vais jouer à Lille, à Arzon en Bretagne, peut-être aussi à Marseille etc. L’objectif pour moi maintenant, c’est vraiment de me déplacer à droite, à gauche, pour me faire remarquer partout. Paris c’est bien, mais c’est un peu bouché. C’est-à-dire que tout le monde y va parce qu’on se dit que c’est là-bas que tout se passe et c’est vrai parce que les contacts sont majoritairement à Paris ; mais si on a la chance de pouvoir se produire autre part  qu’en Ile de France, je pense que c’est bien.

 

C’est un sacré rythme, est-ce que ça n’en devient pas épuisant, voire presque écœurant ?

Ouais si, je pense que je vais prendre ma retraite ! (Rires) Ce rythme, c’est moi qui l’ai décidé et qui me l’impose. Dans tous les cas, je sais que pour avancer il faut énormément bouger dans ce milieu-là. Ce ne sont pas les gens qui nous attendent, c’est plutôt à nous d’aller les voir. Personne ne m’attend aujourd’hui, c’est à moi d’aller provoquer les rencontres.

 

Est-ce que tu continues à faire tes vidéos sur Youtube ?

 Oui, il y a eu un moment où je me suis arrêté d’en faire mais là, j’ai repris sous un nouvel axe. Le but de mes vidéos, c’est que les gens me découvrent et viennent me voir sur scène. Maintenant je me prends moins la tête à me dire il m’en faut absolument une par jour. Maintenant que j’ai la chance de faire des plateaux, l’objectif c’est de les filmer et de me mettre en scène dedans.

 

David Voinson sera en showcase sur la scène du Casino d’Arcachon le 15 avril 2017. 

JUIN 2016

« C’est vraiment du travail d’essayer d’être drôle et depuis un an j’ai arrêté l’école pour ne me consacrer qu’à ça »

 

« Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? » A cette question angoissante pour la plupart des jeunes, David Voinson, 18 ans, répond : humoriste. Certains auraient pu croire à une blague, c’est de bon ton. Mais non, cet Arcachonnais, jeune et ambitieux, déconneur mais concentré, est on ne peut plus sérieux, enfin en dehors de la scène car une fois sur les planches, ce timide de nature se lâche pour le plus grand plaisir du public.

 

A l’origine, tu es un musicien, tu joues de la batterie depuis l’âge de 4 ans. Qu’est-ce qui t’a amené vers l’humour, comment la transition s’est-elle faite ? 

La transition s’est faite juste après la séparation de mon groupe de musique après une année de concerts dans la région. Depuis tout petit j’ai cette passion pour l’humour parce que je regardais les sketches de Franck Dubosc, de Jamel Debbouze et de Gad Elmaleh, ceux que j’appelle les piliers de l’humour. Et puis, au moment où mon groupe de musique a été dissout, il y a eu la nouvelle vague de l’humour avec des jeunes comme Kev’ Adams, Baptiste Lecaplain entre autres. En les regardant à la télévision ou sur internet, je me suis dit, alors peut-être comme un con, « pourquoi pas moi ? ». Cette idée folle m’a poursuivie pendant un an alors que j’écrivais mon tout premier sketch.

 

Un an pour écrire un sketch, c’est long !

C’était un sketch de dix minutes. Pendant cette année-là, j’ai beaucoup écrit. Moi, j’étais quelqu’un d’assez discret, je n’étais pas le comique de la classe et j’avais très peur de monter sur scène parce que ce n’était pas quelque chose de naturel pour moi. J’ai toujours eu un certain confort à me mettre derrière ma batterie. Me livrer dans un one man show, c’était très compliqué et en fait pendant cette année, je me suis posé beaucoup de questions et je n’ai pas arrêté d’écrire, d’effacer, d’écrire… C’est le temps qu’il m’a fallu pour me décider à me lancer.

 

Dans ce sketch, quels thèmes abordes-tu ?

J’étais partie sur ma petite expérience dans la musique, c’est-à-dire un jeune de 13 ans qui est batteur dans un groupe de rock. Je parlais aussi de ma volonté de monter sur scène pour faire rire, de la réaction de mes parents et de mes proches par rapport à cette volonté.

 

Justement quelle a été la réaction de tes parents quand tu leur as dit que tu voulais être humoriste ?

Ils ont eu peur. On connaît peu ce métier hormis ce qu’on veut bien nous montrer à la télévision. Tout comme moi, ils se sont rendus compte qu’il y a énormément de jeunes qui veulent se lancer dans l’humour mais qu’il y a peu d’élus. Et puis, ils ont été étonnés aussi parce qu’aucune piste n’aurait pu les mener à croire que je veuille devenir humoriste. 

 

Et le spectacle sera-t-il aussi centré sur toi ?

Le spectacle, qui est en rodage, est une sorte d’autobiographie mais les axes sont plus généralistes puisque j’ai choisi d’aborder des thèmes de la vie quotidienne en parlant de la génération d’aujourd’hui et de cette question qu’on nous pose depuis qu’on est tout petit à savoir « Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? ». Tout le spectacle est basé sur ça en parlant de ma petite expérience, de cet enfant qui rêvait d’être connu à travers la musique, la radio en passant par l’humour et à la fin la grande question que je pose c’est de savoir si j’ai fait tout ça seulement pour l’apparence ou parce que j’aimais vraiment ça.

 

Comment as-tu vécu ta première scène ?

Avant de monter sur scène, je m’étais dit qu’après un an de questionnement et d’écriture il était temps que je me fasse plaisir. Et c’est toujours ce que je me dis d’ailleurs avant de monter sur scène : « Fais-toi plaisir, amuse-toi il n’y a que comme ça que tu les feras rigoler mais prends-le au sérieux quand même ! » J’ai très vite compris que dans ce milieu, il faut travailler énormément. Ce rodage, le 11 juin, ce sera l’occasion de savoir si je suis capable de tenir une heure sur scène, de capter les gens pendant une heure. Le spectacle que je vais présenter n’est pas une version définitive, il y aura encore du travail après ce rodage.

 

En 2015, tu as fait la première partie d’une date de Kev’ Adams, depuis sur les réseaux sociaux vous vous échangez des « fréro ». Alors en tant que « fréro », quels ont été ses conseils ?

Kev’ Adams m’a avoué qu’il se reconnaissait un peu dans mon parcours et ma motivation. Il n’y a pas si longtemps, il était à ma place à se demander comment on pouvait jouer toujours plus. Il m’a plus encouragé que conseillé. D’autres gens du métier par contre m’ont conseillé et le mot qui ressort le plus c’est « travail ». Je sais que ça peut paraître bizarre pour certaines personnes. Certains me disent : « Ce n’est pas du travail, tu te marres. » Si, c’est vraiment du travail d’essayer d’être drôle et depuis un an j’ai arrêté l’école pour ne me consacrer qu’à ça, j’écris tous les jours.

 

David Voinson sera le samedi 11 juin au Réservoir à Arcachon.