Fabrice Eboué levez-vous !

DECEMBRE 2014

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Il n’a peur de rien, et surtout pas d’aller trop loin. Fabrice Eboué, dont la réputation n’est plus à faire, revient sur scène avec son deuxième spectacle Fabrice Eboué Levez-vous ! Maniant comme personne sujets tendancieux et humour subtil, celui qu’il devient difficile de n’appeler qu’humoriste tant il compte de cordes à son arc revient plus incisif et acide que jamais, tout en restant attachant. Rencontre avec un des artistes les plus talentueux de sa génération.

 

T'empêches tout le monde de dormir en 2006, On va s'gêner et le Jamel Comedy Club en 2008, Les Grosses Têtes sur RTL en 2014, tu es toujours au bon endroit ! Chance ou choix stratégique ?

 

Je fais toujours les choses par amusement donc ce sont justes des opportunités qui se présentent à moi et après je les saisies ou pas, il n’y a pas de calcul de ma part. On a la chance de faire un métier dans lequel on s’amuse, je m’amuse bien avec Laurent Ruquier à la radio c’est pour cela que j’y suis toujours. J’ai continué la radio, c’est un outil que j’apprécie beaucoup et le reste j’ai un peu mis de côté. Ma passion c’est avant tout d’essayer d’amuser les gens que ce soit à travers les films ou les spectacles et puis la radio qui est vraiment une partie de plaisir pour moi.

 

 Avec Le Jamel Comedy Club, tu as trouvé un vrai cercle d’amis. Claudia Tagbo et Amelle Chahbi, pour lesquelles tu as aidé à l’écriture de leur spectacle et bien sûr ton acolyte Thomas Ngijol, avec qui tu as travaillé au cinéma. Diversifier tes activités est quelque chose dont tu as besoin ?

 

En fait ce n’est pas de la diversification. Le socle commun à toutes ces activités que je peux faire, que ce soit via les pièces de théâtre que j’ai co-écrites , les films que j’ai écrit ou les spectacles, c’est justement l’écriture. Je rêvais d’écrire des bouquins et ça ne s’est jamais fait. J’ai mis mon plaisir de l’écriture au service du comique via certain spectacle ou certain film. Il n’y a pas quelque-chose que je préfère faire, j’estime que c’est l’envie de raconter des histoires aux gens, de les divertir tout simplement et parfois quand c’est possible de les faire rêver.

 

En quoi le deuxième spectacle diffère-t-il du premier ? Vas-tu encore plus loin ?

 

Je ne me fixe pas de limites et il n’y a pas non plus une volonté d’aller plus loin. La seule volonté étant de ne pas me travestir, je suis tout à fait naturel sur scène. Je ne fais pas exprès d’avoir un humour un peu cinglant de temps en temps, c’est ce que j’aime. J’aime que mes salles aient une ambiance comme on est entre pote, c’est-à-dire naturel. Je ne triche pas, je ne me travesti pas, j’aime rire de tout dans la vie et je le fais aussi sur scène. C’est aussi simple que ça. Je crois aussi en l’intelligence et la perspicacité du public, quand quelque-chose est maladroit ou malveillant, le public ne rit pas, et dans ce cas, on l’enlève, on recommence etc…Il faut faire confiance au public, en ce qui me concerne c’est mon seul censeur et c’est lui qui rythme mes spectacles. Le rire du public c’est le plus important pour moi.

 

Ton précédent spectacle s’intitulait « Faites entrer Fabrice Eboué ! » l’actuel « Fabrice Eboué, levez-vous ! » Quelle est la suite, Fabrice Eboué Coupable ?

 

Je ne sais pas encore. J’ai choisi cette sémantique judiciaire, on me demande souvent : « accusé de quoi ? » Alors,  peut-être d’oser. Il y a de plus en plus d’humoriste aujourd’hui, une inflation du comique, il faut donc réussir à se démarquer, et la seule solution c’est oser, parfois aller sur des sujets qui semblent impossible en terme d’humour, et puis le faire. Relevez des défis et faire rire avec tout, ça c’est oser. J’essaie de le faire à ma façon tous les soirs sur scène.

 

Parlons un peu de ton enfance. Tu as été élevé dans une famille pour qui les études sont quelque chose de primordial. A ton avis, quels ont été les apports (bénéfiques ou non) de cette éducation sur ton travail d’artiste ?

 

Le seul mot important est dit, c’est le travail. Si j’essaie de faire un maximum de date tous les ans, si je me lève tous les matins très tôt pour écrire, c’est que même si j’ai pris le contre-pied de ma famille très scolaire où tout le monde est médecin ou prof, je m’aperçois qu’au quotidien, je fais la même chose, je travaille d’arrache-pied. Je ne suis peut-être pas un gynécologue a BAC +10 comme mes frères et sœurs, mais je suis un comique à BAC + 10 parce que j’ai fait mes classes aussi entre la galère et le travail au quotidien. Il n’y a pas de secret. Quelqu’un m’a dit un jour le comique, c’est la règle des trois P, des trois T : Patience, Patience, Patience et Travail, Travail, Travail. Comme pour n’importe quelle profession, si l’on veut être bon il faut essayer d’être le meilleur et pour ça, faut bosser.

 

Un nouveau métier va également commencer pour toi en janvier, celui de père. Tu appréhendes ?

Oui, j’appréhende parce que là pour le coup, on ne peut pas se préparer à l’avance. Un spectacle on répète, on travail. Je crois que là il faut laisser l’instinct parler, et quand on est un gros bosseur on a souvent tendance à réprimer ce côté-là. On va compenser par le travail, la rigueur. Pour un enfant, il va juste falloir laisser l’amour parler. Ce n’est pas le même amour que l’on connait sur scène le soir, ce sont deux choses totalement différentes, mais je pense que la nature est suffisamment bien faite pour que je m’en sorte à peu près correctement comme tout le monde.

 

Les 15 & 16 janvier au théâtre Femina à Bordeaux

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