Fréderic Edelstein, dompteur de fauves

Fréderic Edelstein

 

« Je suis entré dans la cage à quatorze ans et je n’en suis plus jamais sorti »

 

Il est entré dans la cage à tout juste quatorze ans...Passionné par les fauves et viscéralement attaché au bien-être de ses animaux, Fréderic Edelstein force  encore et toujours l’admiration et repousse les limites avec son nouveau numéro unique au monde. Rencontre avec le plus célèbre et le plus doué des dompteurs à l’occasion des étapes Girondines du cirque Pinder en cet été.

 

Propos recueillis par Patrick Milono

 

Avant de parler du « Fréderic «  dompteur, si nous parlions un peu du « Fréderic » directeur du cirque…

 

Directeur d’un cirque effectivement, une véritable entreprise complexe avec plus de cent cinquante personnes sur les routes, six cent cinquante représentations données sur cent quatre vingt dix villes, et un convoi immense comprenant 33 semi-remorques s’étalant sur quatre kilomètres. C’est beaucoup de travail et d’engagement mais c’est aussi cela l’envers du décor et cette passion qui m’anime depuis que je suis petit et que mon père a racheté le cirque en 1983

 

Les chiffres que vous évoquez sont colossaux, où trouvez-vous le temps de rester encore un artiste tout en conciliant vos obligations de chef d’entreprise ?

 

Il est évident que je m’entraine quotidiennement sur piste tout en veillant et c’est fondamental, au bien-être de mes fauves. Les fauves, c’est toute ma vie. J’ai aussi un regard sur les autres artistes et les animaux. Je suis dans l’humain, alors le temps je le trouve et puis et c’est ma sœur Sophie qui s’occupe de la partie artistique et à ce titre elle réalise un travail remarquable.

 

Parlez-nous de vos fauves…

 

Ce sont des lions et des lionnes blanches qui proviennent d’Afrique du Sud.  Leur intelligence est supérieure à ce que l’on peut trouver chez des lions classiques et ceci rend justement les choses plus dangereuses. Jusqu’à présent je me couchais sur eux et désormais, et c’est une exclusivité mondiale, ils se coucheront sur moi.

 

N’avez-vous jamais peur ?

 

Non, je ne peux me permettre d’avoir peur, tout s’obtient avec respect, amour et complicité car sans elle on n’obtient rien. J’ai un rapport fusionnel avec mes fauves, ils comprennent vite ce que j’attends d’eux, ce sont eux les artistes, les rois de la piste.

 

Que répondriez-vous à toutes ces attaques qui reviennent chaque fois sur les maltraitances dans les cirques ?

 

Je réponds clairement que ceci n’est pas le cas chez Pinder. Vous pensez bien que depuis trente ans que je fais ce métier, on saurait si j’étais une brute. Ce qui me guide, c’est l’amour ce ces lions, ils me fascinent littéralement. Et puis vous savez, si j’étais méchant, soyez bien sûr que mes fauves n’hésiteraient pas à seul instant à me dévorer. J’en suis à plus de dix mille représentations, c’est un signe car on ne dure pas sans amour et respect !

 

Issu d’une grande famille du Cirque, vous ne pouviez donc que tomber dans « la marmite » ?

 

Oui, j’ai baigné dans ce monde avec ma sœur Sophie dés l’âge de cinq ou six ans mais mon coup d’éclat, je l’ai fais à quatorze ans en pénétrant dans la cage. Quelques temps plus tard, le dompteur de fauves a quitté le cirque, et je l’ai remplacé au pied levé. Je suis entré seul et en cachette dans la cage car mes parents ne le savaient pas et ils ne l’ont appris que dix jours plus tard par un ami. Alors oui, je me suis fais incendier, mais l’entourage de mon père trouvait que je faisais bien les choses. Et comme on dit « bon sang ne saurait mentir »…

 

Vous avez été « chaperonné » par de grands dompteurs ?

 

Oui, j’ai eu la chance de recevoir les enseignements et conseils de deux grands maitres, Dick Chipperfield et Wolfgang Holzmaïr. C’est à leur contact que j’ai appris et progressé et ils vont m’amener à rentrer de plus en plus de fauves dans la cage.

 

Sophie sera t-elle présente en 2014 ?

 

Sophie a un gros numéro d’illusion qui lui demande de la place et elle sera présente parmi nous sur les grosses dates ou les villes dans lesquelles nous restons plusieurs jours. Ce n’est pas évident également pour elle de concilier tout ceci avec sa carrière à la télévision, mais je pense que nous aurons la chance de l’avoir avec nous sur certaines dates.

 

Dernière question, comment vont les deux éléphantes baby et Népal ?

 

Elles se portent à merveille et j’adresse un salut amical et reconnaissant à la princesse Stéphanie de Monaco qui s’est battu pour les sauver. Les Grimaldi sont une grande famille qui a encore prouvé son  attachement pour le cirque et et nos deux éléphantes sont dans un hôtel « huit » étoiles, dans la propriété princière de Roc Agel (ndlr : La Turbie). J’insiste vraiment pour que la famille princière reçoive tous mes remerciements appuyés.

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