François Feldman

NOVEMBRE 2016

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« Cette tournée est un plus, ce n’est pas annonciateur d’un retour, je ne suis pas dans la merde. »  

 

François Feldman, pilier du Top 50 avec notamment « Joue pas » ou encore « Les Valses de Vienne », a retrouvé les artistes de la Tournée Stars 80, en 2015, suite au désistement de Jean-Luc Lahaye. S’il ne sort plus d’album et ce depuis 2004, le chanteur poursuit, en marge de cette tournée dédiée aux années 80, sa carrière sur scène, partout en France, à l’occasion de concerts intimistes.

 

Vous participez à la tournée Stars 80. Qu’est-ce qui vous a motivé à accepter ce projet ?

C’est surtout le fait que la tournée ait lieu en hiver. Parce qu’au début, pour les premières tournées, ce n’était qu’en hiver, une saison lors de laquelle je n’ai généralement pas trop de Show-Case, de galas ou de concerts, ça m’allait très bien. Moi, je vous dis la vérité, ça a été ma principale motivation ! Après, c’est vrai que le show est très sympa, la mise en scène de Chris Marques est extraordinaire, il y a beaucoup de moyens techniques et puis il y a aussi un très bon son. C’est un spectacle de qualité.

 

L’aventure collective ça vous plaît, comment est l’ambiance ?

Comme dans toutes les aventures collectives. Il y a des côtés sympas, des côtés embêtants comme les trajets en bus, et des côtés rigolos. Comme en communauté, c’est pareil, parfois on a envie de dormir, les autres ont envie de bouger, parfois on a envie de bouger et les autres ont envie de dormir.

 

« Joue pas » est un incontournable mais 27 ans après que ressentez-vous en interprétant ce titre ? 

Je prends beaucoup de plaisir à chanter ce titre. On s’amuse à chanter cette chanson avec Joniece Jamison. On ne ressent aucune lassitude, sinon de toute façon je ne serais pas là. Sur la tournée, je ne fais que « Joue pas » et « Les Valses de Vienne », donc si j’étais las de chanter cette chanson, je ne ferais pas la tournée. Je ne me force pas moi !

 

Vous avez connu un succès fou jusque dans les années 90, et puis plus rien, malgré la sortie d’albums jusqu’en 2004, avec « Des Larmes et de l’amour ». Comment expliquez-vous cela ?

Je ne suis pas le seul, on est nombreux dans ce cas-là. Le métier a changé, il n’est plus le même aujourd’hui. Avant c’était différent, il y avait des radios libres qui sont redevenues des radios périphériques. Il n’y avait alors que deux, trois personnes qui portaient un jugement sur votre carrière, sur votre valeur artistique, sur votre chanson. Alors qu’avant on pouvait très bien passer dans le nord et pas dans le sud, être numéro 1 dans l’ouest de la France et pas dans l’est, vous voyez, c’était l’époque des radios libres, c’était la liberté. Et après, elles sont devenues des radios nationales, dès qu’ils ont eu les autorisations de pouvoir faire des réseaux, et donc après il n’y avait plus grand monde qui décidait, juste une ou deux personnes, comme avant. Enfin comme avant, ce que je n’ai pas connu, lorsqu’il n’y avait que RTL ou Europe 1. Donc ça a été plus difficile, et puis il y a eu internet, vous connaissez l’histoire comme moi. Il n’y a plus de vinyles, il n’y a plus de disques, même s’il y a des exceptions comme dans toutes situations.

 

Et vous n’avez pas essayé d’exploiter le filon numérique ?

On ne peut pas l’exploiter. Ça ne fait pas si longtemps que ça fonctionne « un petit peu ». Par exemple, je suis sur un site gratuit via mon abonnement de téléphone sur lequel je peux écouter les nouveautés. Donc ce n’est pas encore au point leur affaire. Il n’y a pas de tricherie, on prend ce qu’on veut gratuitement, et c’est légal ! Et puis de toute façon, quand un album ne marche pas, ce n’est jamais de la faute de l’artiste… Je plaisante-là ! L’artiste se trouvera toujours des excuses, qu’il n’a pas eu de promo, même si c’est vrai qu’on a moins de promo, on n’a plus de clips… C’est pour ça que je vous dis que le métier a changé. Moi, après, je n’ai pas de suivi médiatique parce que je ne fais pas de disque, je fais des petits concerts pour les municipalités, je n’ai rien à vendre. Je me sers des réseaux sociaux, Facebook, Instagram ou Twitter, pour informer les gens de mes dates dans les villes, les villages. J’en fais une trentaine par an et ça me va bien. J’ai toujours fait ça, même quand j’étais numéro 1.

 

En février 2015, dans une interview donnée à MFM Radio, vous affirmiez que l’inspiration était en train de revenir. Où en êtes-vous, un album serait-il en cours de préparation ?

Non, pas du tout. Mais l’inspiration ce n’est pas fait que pour enregistrer des albums, c’est fait pour soi-même, à la maison. Moi je suis quelqu’un qui adore chanter en public, c’est pour cela que je m’amuse sur « Joue pas » même si cette chanson date de 1989. Je ne suis pas aigri, j’adore chanter. J’ai fait des disques, et ce n’est pas parce que je fais « Stars 80 », qu’on fait des Zénith et des stades, que je vais croire que demain je vais remonter sur des grandes scènes avec simplement mon nom ! J’ai déjà fait Bercy en 1991, j’ai fait une semaine à l’Olympia en 1994, j’ai déjà eu mes dates, je suis content, il ne m’en faut pas plus. Cette tournée est un plus, ce n’est pas annonciateur d’un retour, je ne suis pas dans la merde.

   

Retrouvez François Feldman sur la scène du Zénith de Pau le 16 décembre 2016 et le 10 mars 2017 à la patinoire mériadeck de Bordeaux à l’occasion de la tournée Stars 80.