François Xavier Demaison

SEPTEMBRE 2016

© Culture Mag Atlantique 
Reproduction totale ou partielle strictement interdite sur tout support sans autorisation préalable.

« La scène, c’est quelque chose dont j’ai besoin en termes d’énergie, c’est presque vital. »

 

Qu’y a-t-il de commun entre la Corse, un castor inculpé pour trafic de sciure, une chasse à courre, un régime détox, un entraîneur de foot en tongs et une chèvre ? Rien ? Si, le spectacle de François-Xavier Demaison. Il y a dix ans, celui qui, dans une autre vie presque, a travaillé dans la finance à New York, montait sur scène pour la première fois… Dix ans de rire qu’il va nous raconter !

 

Vous revoilà avec un nouveau one-man show. Nous sommes rassurés, nous avions peur que vos succès au cinéma vous éloignent de la scène !

Oui mais non, je suis là, je suis tout prêt, j’arrive…

 

Vous me direz, c’est très français cette façon de catégoriser les artistes.

C’est vrai. Mais moi, j’aime bien ce côté pluridisciplinaire. C’est vrai que j’ai commencé par la scène, alors j’adore faire du cinéma, j’ai la chance de pouvoir enchaîner les rôles au cinéma, de pouvoir faire de la télévision aussi et même aujourd’hui de pouvoir faire de la production donc j’ai beaucoup de cordes à mon arc ; mais la scène c’est quand même unique, c’est un moment presque charnel. C’est quelque chose dont j’ai besoin en termes d’énergie, c’est presque vital. La scène, ça reste sacré !

 

Mais vous avouerez tout de même que vous êtes l’un des rares artistes à parvenir à jongler avec succès,  avec le théâtre, le cinéma, le stand-up, la télévision, la radio, la production, etc. 

Je pense que les gens ressentent ma sincérité. Quand j’ai produit le documentaire « Mon maître d’école », c’est vrai qu’il y a eu un coup de cœur, pour un instituteur, pour des valeurs, pour une réalisatrice (Emilie Thérond, Ndlr)… J’ai eu envie d’aller au bout de ce coup de cœur parce que c’est comme ça que je fonctionne. J’ai l’impression que je crois en ce que je fais et donc ça convainc les gens. 

 

L’affiche vous présente en trois exemplaires, avec un François-Xavier Demaison qui semble bienveillant, un autre plus espiègle. Qu’est-ce que ça cache ?

Il y a peut-être une dimension schizophrénique dans cette affiche, c’est comme ça que m’a perçu Jean-Baptiste Mondino. Je la trouve très belle, très esthétique, très artistique. Ce spectacle est extrêmement personnel, certainement plus que les deux précédents. Il est à la fois le plus personnel et je pense aussi le plus abouti. C’est mon meilleur spectacle !

 

Pourquoi plus personnel et pourquoi maintenant ?

Je ne sais pas, c’est peut-être une question de maturité, parce qu’il se passe des choses dans la vie qui font qu’il y a des verrous qui pètent. Ça vient d’une envie d’être plus en contact avec le public, d’être plus sincère, d’être plus intime et de moins me cacher derrière des personnages. Même si je continue à en faire et que ces personnages me permettent d’aller au bout de ma cruauté ou de mon cynisme.

 

Qu’est-ce que vous racontez de si personnel ?  

Mes tournées, mon métier parce que c’est vrai que je passe quand même la plupart de mon temps à travailler, j’ai environ 100 dates par an pour le spectacle, puis il y a les tournages etc. Je parle de mes rencontres, il y a aussi des anecdotes, je parle de ma fille, je reviens aux Etats-Unis, je parle de mes parents… Ça part dans tous les sens, c’est une manière aussi, à travers mes yeux, de parler du monde qui nous entoure et de rigoler avec ça surtout.

 

En parlant de vos tournées d’ailleurs, vous nous faites vivre un tour de France et je trouve que vous allez un peu loin en vous attaquant à ma Provence natale !

(Rires). Non mais vous allez voir, c’est un petit poème provençal, c’est très émouvant, je parle du Sud et du chant des cigales… Vous allez fermer les yeux et vous allez vous retrouver dans votre Provence natale !

 

Il y a un côté plus personnel, pourtant vous continuez à interpréter des personnages. Comment ces personnages sont-ils nés ?

Ce sont de petites photos que je prends et je mets plus ou moins de temps à les développer. Et puis, ce sont des délires aussi, je tire le fil d’un délire et j’essaie d’emmener le public. Il y a un côté clownesque là-dedans, je pars d’un tout petit truc et ça devient une montagne. Et le public réagit très bien, on s’amuse beaucoup. A chaque fois que je remonte sur scène avec ce spectacle, je suis très heureux.

 

Bitou le Castor, revient, c’est un incontournable pour vous ?

A chaque fois Bitou revient pour faire un petit clin d’œil, c’est un peu ma mascotte, c’est mon porte-bonheur, c’est mon porte-clés, c’est mon pin’s !

 

Et côté cinéma alors, vous en êtes où ?

Après « L’outsider » qui est sorti il y a deux mois, il y a « Les têtes de l’emploi » avec Franck Dubosc et Elsa Zylberstein qui sortira le 16 novembre, ensuite il y aura un magnifique film avec Isabelle Carré de Maxime Motte ainsi qu’un autre film encore, donc c’est une année bien chargée !

 

Quand est-ce qu’on vous retrouvera derrière la caméra ?

Derrière la caméra, je ne sais pas encore. Je suis producteur d’une série pour M6 dont le tournage démarrera fin octobre… Je n’ai pas encore cette pulsion je dirais, de passer derrière la caméra et d’être réalisateur. Je suis producteur, acteur et je trouve que c’est déjà pas mal. Et puis, tenir une caméra, ce n’est pas donné à tout le monde. 

 

François-Xavier Demain en spectacle le 12 novembre au Casino Barrière de Bordeaux.