Gérard Jugnot (Portrait)

NOVEMBRE 2016

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Des Bronzés à Papy fait de la résistance, leurs films, leurs personnages et leurs répliques sont devenus cultes. Qui ne connait pas Jean-Claude Dusse, le kloug ou Le père Noël est une ordure ? Michel Blanc, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, Gérard Jugnot, Thierry Lhermitte, sont des stars du grand écran, mais c’est une bande de zozos anonymes qui créent pour commencer le Splendid’ et son café-théâtre, avec un seul but : faire rire.

 

Tous, sans exception, ont fait carrière. Les années ont passé, certains ont les cheveux gris, d’autres non plus de cheveux, une petite bedaine tend la chemise de certains, mais le talent et l’envie sont toujours là, et ce depuis 42 ans messieurs, dames. 42 ans de succès, avec bien sûr des hauts et des bas pour chacun d’être eux, mais tout de même un record de longévité dans le métier pourrait leur être accordé, en toute logique. Raconter l’histoire de cette troupe, c’est presque raconter une vie entière. Et puis, c’est délicat, quand on ne connaît cette histoire qu’à travers le petit ou le grand écran, quand on ne l’a pas vécu de l’intérieur, quand on ne se fit qu’à son propre regard de spectateur, même fanatique, le risque de l’inexactitude nous guette, le fantasme aussi. C’est peut-être pour cela que Gérard Jugnot a tenu à raconter, lui-même, cette époque formidable, ses années Splendid’. « Il y a eu beaucoup de choses fausses écrites et j'ai voulu faire un petit travail d'historien », a déclaré le comédien aujourd’hui âgé de 65 ans à l’AFP. Au fil des pages donc, on découvre un homme aux souvenirs d’enfance « tristounets », pessimiste, qui a tout misé sur le rire. "Le rire est là pour aller contre ce travers que j'ai de pessimisme, de voir un peu noir. J'essaye d'appliquer : il est poli d'être gai" a-t-il confié, toujours à l’AFP. Gérard Jugnot raconte ici de son point de vue, la formidable aventure de la troupe avec laquelle il a grandi, ri, appris et connu le succès. De son enfance dans une famille sans fantaisie aux bancs du lycée Pasteur à Neuilly-sur-Seine où il a rencontré Clavier, Lhermitte et Blanc, de leur premier film amateur au Splendid’, du Club Med aux Bronzés, il retrace la manière dont une bande de turbulents farceurs, à force de travail, de persévérance et de fou-rires, a réussi. Et il dit tout : la découverte précoce de sa vocation, les premiers spectacles joués dans des salles improvisées, leur apprentissage aux côtés de l’immense Tsilla Chelton,  leur rencontre avec Coluche et ce café-théâtre qu’ils ont d’abord créer dans l'arrière-salle d'un bistrot au 10 rue des Lombards, dans le 4e arrondissement de Paris, avant de déménager rue du Faubourg-Saint-Martin… mais aussi les échecs, les galères des petits rôles, les frictions et les doutes de chacun, à commencer par ceux de son propre père. Alors oui, les premiers pas de cette bande de copains furent loin d’être faciles, et leur histoire est à l’image de leur amitié : hilarante et improbable. Mais cet éternel pessimiste a bien fait d’y croire. Entouré de Christian Clavier, Thierry Lhermitte et Michel Blanc, Marie-Anne Chazel et Josiane Balsako, il embrassera le succès d’abord en tant que comédien, mais aussi en tant que réalisateur, scénariste et producteur par la suite. L’histoire qu’il nous raconte dans ce livre, cette merveilleuse histoire d’amitié, traversée d’une époque oubliée, agrémentée de mille anecdotes inédites et savoureuses (les scénarios de films jamais tournés, les amours et les emmerdes…), est à la fois touchante et drôle.

 

On ne résiste pas à l’envie de partager encore une fois avec vous les meilleures répliques de Bernard (Gérard Jugnot) dans les « Bronzés font du ski ».

Aux Italiens : "Ils peuvent rien faire en silence les macaronis !"

Aux anciens locataires : "Monsieur, si tout le monde dépasse d'une demi-journée, qu'est ce qui se passe : l'année prochaine, moi, je skie au mois de juillet".

Gilbert : "Excusez-moi mais vous êtes en train d'uriner sur ma voiture." Bernard : "Excusez-moi… Elle ressemble à la mienne qu'est là-bas… Bon… J'peux finir ?"

 

« Une époque formidable – Mes années Splendid’ » de Gérard Jugnot paru chez Grasset en novembre 2016.