Gamy (Damien)

DECEMBRE 2015

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Joie de vivre communicative en perspective : les huit membres du groupe aquitain Gamy ont bien mené leur barque depuis la création du groupe en 2007. Avec déjà deux albums à leur actif et un EP, ils continuent de distribuer autour d’eux une musique festive qui met du baume au cœur à tous ceux qui l’écoutent. Entre chanson française, rock, reggae et ballades, Gamy nous a ouvert les portes de son univers.

 

Parlez-nous un peu du groupe, quelle est son histoire ?

C’est une histoire qui a commencé il y a bientôt 10 ans, dans une rue de Bordeaux avec une collocation et des copains de collèges… On a commencé à faire de la musique et finalement ça a continué jusqu’à maintenant. Gamy c’est surtout une famille.

 

Dans ce nouvel opus « Qu’est-ce que t’attends », y-a-t-il un changement par rapport à l’album précédent ?

Le premier album, on l’a enregistré après avoir fait plus de 2 ans de concerts. Cette fois on a travaillé différemment. Je me suis expatrié dans les Landes et on a enregistré des morceaux jamais encore joués sur scène. C’était une vision totalement différente mais c’était intéressant de voir ces deux facettes de l’enregistrement.

 

Dans le titre de l’album, à qui vous adressez-vous ?

Un peu à tout le monde même si dans ma tête il y a souvent des personnes bien précises. Dans tous mes textes, j’essaie que ça touche le plus de monde possible. Cette chanson en l’occurrence [« Qu’est-ce que t’attends », ndlr] parle d’un garçon et d’une fille qui n’ont pas de lien visible et à qui l’on dit « qu’est-ce que vous attendez pour vous rencontrer ? »… Dans notre histoire on a eu des potes, des copines qui ont eu des histoires difficiles et qui se sont retrouvés un peu seuls, cette chanson s’adresse aussi à eux.

 

Vous avez choisi d’aborder des thèmes plus graves dans cet opus. Qu’est-ce qui vous inspire au quotidien ?

Il y a déjà ma vie personnelle, ma vie de famille. On a tous beaucoup évolué, on a des enfants pour la plupart d’entre nous. Pour le premier album, on était jeunes, en collocation, on venait de trouver notre premier emploi, c’était différent. On peut peut-être parler de maturité, sans prétention aucune… On le sent de plus en plus. Là on est en train de travailler sur le 3e et les textes évoluent encore. Il y a des thèmes un peu plus graves, oui. Mais on essaie toujours d’être assez frais et légers.

 

C’est ça la « patte » Gamy ?

A la base c’est beaucoup d’amour et d’amitié mais de plus en plus c’est vrai, on traite de sujets graves contrebalancés par de la musique festive. On n’est pas un groupe engagé non plus, du moins sur scène, ce qui n’empêche pas l’implication personnelle de chacun d’entre nous à l’extérieur. On aborde l’amitié, l’amour, l’enfance, et ce qui nous entoure.

 

Quelles sont les influences du groupe ?

Etant donné qu’on est 8, il y en a beaucoup, ce qui est vraiment bien d’ailleurs parce qu’on se retrouve tous autour de ce projet… Pour ma part, j’aime beaucoup Yann Tiersen, c’est un peu grâce à lui que j’ai commencé l’accordéon. Et puis il y a bien sûr Manu Chao, les groupes chanson comme Les Ogres [de Barback, ndlr], des choses un peu plus rock aussi. On ne se prend pas la tête pour faire tel ou tel style mais on aime quand même que ce soit festif. Sur scène on passe toujours de bons moments, parce qu’on est contents de se retrouver déjà et parce que le côté festif est assez communicatif.

 

Etes-vous indépendant par choix ?

Dès le début, on a créé une association qui porte le nom de la rue dans laquelle on était en colloc’, qui structure le groupe depuis 10 ans et qui a donc produit le premier album, l’EP de 5 titres et le deuxième. On continue sur l’autoproduction, ça fonctionne et ça ne nous empêche pas d’essayer de faire les choses un peu comme les professionnels ! On avance comme ça pour le moment. On n’a jamais vraiment réfléchi à chercher un label, c’est vrai que ça pourrait être sympa de se décharger de certaines choses ! 

 

8 membres constituent le groupe, comment organisez-vous votre travail ?

On travaille sous forme de résidence, sur 3 jours en général, une fois par mois, selon les emplois du temps de chacun. Je travaille l’écriture et souvent j’apporte mes textes ou ceux d’amis, qu’on essaie de travailler tous ensemble. J’ai la chance d’avoir des potes et des copines dans le groupe qui se débrouillent bien, qui ont des idées pour monter les morceaux, des profs de musique aussi, j’en profite énormément. On évolue ensemble sur les morceaux, même s’il y a une petite base au début, c’est un travail collégial, ça l’a toujours été.

 

Un mot pour définir Gamy ?

Gaieté ! Quand on monte sur scène on donne tout, on communique cette joie de vivre aux gens et ça marche pas mal ! Souvent on nous dit qu’on devrait être remboursés par la Sécurité Sociale ! J’aime bien sauter dans le public, aller danser avec eux avec l’accordéon, c’est hyper important pour nous. On est un groupe qui s’ouvre au public.

 

Avez-vous un autre album en préparation ?

Oui on a déjà de nombreux morceaux. Avec ce troisième album, on a envie de revenir un peu à ce qu’on faisait au début, à plus de simplicité. On est très fiers de « Qu’est-ce que t’attends » mais il y a eu énormément de travail sur les morceaux et leur instrumentation. On a vraiment exploité au maximum, c’était une belle expérience ! Mais pour celui-là on aimerait revenir à quelque chose de plus simple, ne pas passer 6 mois sur un morceau en rajoutant tel ou tel truc… On a beaucoup de choses à dire aussi étant donné qu’on a encore évolué dans nos vies personnelles… Donc oui, il ne devrait plus tarder !

 

Cet été vous avez participé au Festival Jazz In Sanguinet, qu’est-ce que cette expérience représentait pour vous ?

On a été très contents d’être contactés, d’autant qu’on connaît ce festival depuis longtemps. On était très fiers d’être programmés en fermeture le dimanche soir. Il y avait un peu d’appréhension parce que le jazz est un univers qu’on ne connaissait pas mais c’était une volonté de l’organisation de finir sur un groupe différent de la programmation du week-end. Mais on était un peu timides parce que c’est vrai que les musiciens de jazz sont vraiment des pointures en général ! Comme d’habitude avec Gamy, on ne s’est pas pris la tête et au bout du deuxième morceau, tout le monde était debout et ça a été ça jusqu’à la fin du concert… Donc ça a été vraiment une réussite, pour nous et je pense aussi pour le public qui était content de finir sur une touche comme ça après le jazz.

 

Avez-vous des dates dans la région où l’on peut vous voir jouer ? 

Oui, la prochaine date, c’est à Bordeaux : le 16 janvier au Comptoir du Jazz, ce sera un samedi soir. On a de nombreuses dates qui se planifient sur Bordeaux et c’est chouette parce qu’on a pas mal tourné dans les Landes dernièrement, on a fait 5 fois Luxey par exemple et ça fait du bien de revenir un peu aux sources.