Mélanie de Biasio

 

Empreinte de la musique depuis toujours, la virtuose Mélanie De Biasio entame une carrière remarquable. En 2013, son deuxième album « No Deal » sorti dans les bacs est une révélation. Sobriété et subtilité sont au rendez-vous pour nous inviter à un véritable voyage des sens, un refus des compromis compté par un doux mélange de jazz, de folk et de blues. Rencontre avec la jeune chanteuse et flûtiste Belge…

 

« J'ai essayé de suggérer un voyage dans les émotions et je crois que ces émotions nous sont communes à tous »

 

Propos recueillis par Elodie Vautrin

 

Chanteuse, c'était une vocation ?

Effectivement. C'était un canal qui paraissait évident à mes yeux. Depuis toute petite j'ai chanté, sans spécialement avoir des objectifs d'adulte en tête. Et je pense qu'aujourd'hui encore, c'est une chose qui se nourrit chaque jour.

 

Comment définiriez-vous votre musique ?

On pourrait dire que c'est du houstone jazz, dans le sens où il y a beaucoup de murmures. Il y a énormément de suggestions dans cette musique. C'est aussi une musique religieuse, cela pourrait être une musique de film, où tout est en suspension, où finalement la notion espace-temps est vraiment singulière. Ma musique est faite de texture, d'ambiance. Elle n'a pas vraiment de style défini comme le jazz, le pop ou le rock. C'est plutôt des noms de couleurs, des textures. Chacun peut y retrouver ce qui l'inspire réellement.

 

Et vous, d'où vient votre inspiration ? Quelles sont vos influences ?

Mes influences sont multiples. Musicalement, j'ai commencé par de grands compositeurs classiques car ma grand-mère paternelle écoutait beaucoup d'opéra et de grands chanteurs Italien. Mes parents eux, étaient plus pop, rock indé des années 50. Il y a eu aussi Barbara, Brel, Brassens. Adolescente j'écoutais énormément Jef Buckley, Radio Head, Nirvana, pleins de choses finalement ! L'école m'a ensuite permis d'ouvrir la porte du jazz, puis du blues.

Mais mon inspiration en général vient de l'amour je dirai. L'amour avec un grand A. L'amour de pouvoir s'oxygéner. Pouvoir faire les choses avec amour. Boire un bon verre de vin, se faire du bien, se rendre disponible pour tous ces instants. Tout ça fait partie des influences pour mes créations. Quelque part, « No Deal » est un compromis avec cette petite voix qui te dit de prendre ton vélo et d'aller t'aérer car tu en as besoin, car ça te ferait du bien. Cette petite voix qui est en nous, qui nous dit de quoi nous sommes fait ou avons besoin. Je crois que c'est le thème global de ce disque mais au-delà de ça, il me semble que c'est notre quête à tous.

 

A travers « No Deal », vous souhaitez raconter une histoire ?

Oui. Cet album c'est une histoire, avec un début, des épisodes, une suite ou une fin. C'est comme les gens le souhaitent. Quelque part, j'ai essayé de suggérer un voyage dans les émotions et je crois que ces émotions nous sont communes à tous. Mon travail était aussi d'enlever les connotations personnelles afin de pouvoir justement ne laisser que la substance de base. La plus importante finalement pour que cette histoire puisse être appropriée par tous ! Il s'agissait de retrouver, capturer l'essence même des choses.

 

Ce second album est assez court, puisqu'il ne dure que 34 min, est-ce un choix personnel ?

En réalité, je n'ai pas posé de résistance. Au terme de ce travail et de ces choix artistiques, le tout ne durait que 34min et je n'ai pas cherché à compenser le manque. Je n'ai pas fait le choix de faire un album court, mais cela ne m'a pas posé de problèmes.

 

Votre carrière est aujourd'hui lancée internationalement, comment expliquer-vous ce succès ?

Je ne pense pas qu'il y est de remède ou de recette type. Je crois que le live est un canal qui me va et me réussit bien. Je ne peux pas vraiment l'expliquer. On ne peut pas savoir ce genre de chose, ça s'ouvre, ça ne s'ouvre pas... Pourquoi ? Comment ? Je ne sais pas.

 

Vous enchaîné les tournées…

Effectivement. La rencontre avec le public est très importante pour moi, c'est la suite du voyage, de ce disque... J'ai énormément de concerts prévus pour ces mois-ci, mais je pense tout de même déjà à un troisième et futur album.

 

Mélanie De Biasio le 17 décembre au Rocher de Palmer à Cenon.

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