Métisoléa

JUIN 2016

© Culture Mag Atlantique 

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« La musique, c’est fait pour partager et pour s’ouvrir aux autres. »

 

A l’occasion de la Fête de la Musique et avec le soutien de la communauté de communes du Pays Grenadois, Castandet accueillera sur la scène de sa salle des fêtes Metisolea. Ce groupe bordelais propose une musique authentique empreinte de mille saveurs : rock, rumba flamenca, reggae ce à quoi on ajoute une touche orientale. Marc, répond aux questions de CultureMag.

 

Avant toute chose, qu’est-ce que veut dire Metisolea ?

C’est un mélange de mots en français et en espagnol. Meti, c’est pour le mot métissage ; Solea fait référence à plusieurs mots. Solea, c’est un style de flamenco comme la buleria par exemple et olea, c’est une vague. Tout ce mélange de mots nous amène dans cet univers un peu espagnol, avec des influences diverses.  

La musique de Metisolea c’est un mélange de rock, d’électro et de guitare andalouse.

 

Un mélange de toutes vos influences musicales, on imagine ?

Oui, c’est ça. On écoute tous de tout, on vient d’univers différents. C’est Alex, le chanteur du groupe qui compose l’essentiel des morceaux et qui du coup se nourrit aussi des influences de ses musiciens avec qui il joue. On n’est absolument pas fermé musicalement parlant et tout le monde a son mot à dire.

 

Comment le groupe s’est-il formé ?

Pour certains, on se connaît depuis le lycée. Et puis, petit à petit, on s’est pris au jeu donc on s’est mis à chercher d’autres musiciens avec qui jouer. On les a rencontrés par des réseaux, par des groupes d’amis. Et sous cette forme-là, on joue ensemble depuis 2004. Mais depuis 2 ans et demi, nous proposons une formule acoustique et plus intimiste qu’on a appelé « Acoustic Project »,  où on est quatre sur scène.

Justement c’est cette formule acoustique que vous présenterez le 18 juin à Castandet.

 

Ce spectacle a une mise en scène toute particulière, parlez-nous-en.

Il y a du mapping-video. En fait, tout un décor est projeté derrière nous. Il y a une grande fenêtre dans laquelle on envoie plein de vidéos selon les morceaux et selon ce qui se passe sur scène. Ça peut être juste de l’habillage vidéo comme des images. Après, pour le côté musique, on a beaucoup de percussions différentes, deux guitares, trois chants, basse, trompette et ensuite on joue aussi un peu de bouzouki aussi pour amener cette petite touche orientale. 

 

Vos textes sont principalement en espagnol mais aussi en français et en anglais.  Qu’est-ce que vous y racontez ?

Nos influences viennent plutôt de ce qui nous entoure. On a une chanson par exemple qui s’appelle « Madrid » qui parle des attentats de Madrid qui ont eu lieu il y a quelques années, et malheureusement ce thème-là est encore d’actualité. Un autre texte parle des femmes battues etc. Tous ces sujets-là nous touchent parce que ce sont des sujets de société. On n’est pas forcément sur de l’engagement politique parce qu’on n’a pas envie de faire semblant d’être dans des causes si on n’y est pas réellement. On a aussi beaucoup de chansons d’amour et aussi des textes sur la musique elle-même, sur l’envie de mélanger les musiques, de ne pas mettre de frontières. On a déjà croisé des gens qui pensaient qu’un style musical ne pouvait être joué que par les personnes qui venaient de cette communauté, de ce style musical mais qui oubliaient cette notion d’ouverture. La musique, c’est fait pour partager et pour s’ouvrir aux autres.

 

Vous-mêmes, comme avez-vous travaillé sur cette ouverture musicale ?

Sur notre troisième album on a travaillé avec Kuky Santiago qui est un danseur flamenco de Séville. On a pu travailler aussi avec des groupes qui nous influencent comme Ojos de Brujo qui est un groupe de Barcelone qui mélange hip-hop, flamenco et rock. On travaille toujours avec plein de gens différents qui apportent à chaque fois de la nouveauté à notre musique, que ce soit des percussions, des cuivres. La musique pour nous, c’est avant tout l’idée de rencontrer des gens.

 

Après un premier album, « Volume 1 », sorti en 2006, vous avez collaboré sur le deuxième album « La chute et l’envol.2 »,  avec Stephan Kraemer, qui a entre autres travaillé avec Axelle Red et Yann Tiersen. Comment s’est passée cette rencontre ?

On a eu envie de travailler avec lui suite à des retours de groupes bordelais avec qui il avait collaboré. Il est intervenu sur le mixage, c’est-à-dire que nous, on a tout enregistré et lui après, il a travaillé sur le mixage pour faire sortir des effets d’égalisation et quelque chose qui ramenait une chaleur qu’on voulait avoir sur cet album-là, une couleur un peu plus forte. L’album précédent manquait peut-être un peu de cœur, de chaleur dans le son et ne correspondait pas à ce qu’on voulait faire puisqu’on partait de plus en plus dans cette chaleur espagnole. Pour le troisième album, on a travaillé avec un studio de mixage et de mastering qui est en Espagne et des groupes comme Ojos de Brujo, parce que c’est quelque chose qui nous correspondait encore plus musicalement et qu’on avait envie de tester ça.

 

De votre premier à votre troisième album, comment avez-vous fait évoluer votre musique ?

On vient de la scène ska festif bordelaise donc on était beaucoup sur le côté festif, très proche de ce que faisait la Mano Negra. Et petit à petit, nous nous sommes ouverts un peu plus en suivant un petit peu les influences d’Alex. Sa mère est espagnole, son père est français, donc il a vraiment grandi dans cette influence espagnole. Au fur et à mesure des albums on s’ancre un petit peu plus dans l’Espagne. 

 

Metisolea sera en concert le 18 juin à Castandet à partir de 20 heures.