Misses Swing

JUIN 2016

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« On ne veut pas qu’il y ait une soliste et derrière deux choristes. »

 

Misses Swing, c’est un trio comme on en voit rarement, et même jamais. A la manière des « Andrews Sisters », trois chanteuses américaines des années 40, les Bordelaises, Florence de Bengy, Mezzo, Laura Minaé, Soprano et Laura Arazola, Alto-Mezzo, abordent un répertoire haut en couleurs avec des créations et des reprises Gospel Swing.

 

Misses Swing, afin de mieux vous connaître, parlez-nous de votre rencontre.

Florence : J’avais envie de monter un trio vocal gospel jazz. J’ai posté une annonce sur un site internet de musiciens professionnels. Laura Arazola, notre Alto a répondu. Mais je ne trouvais pas de Soprano donc je suis allée sur internet chercher des Sopranos bordelaises et je suis tombée sur Laura Minaé. Après une audition, on s’est dit que c’était elle.

 

Dès le départ, vous avez abordé un répertoire qui allie swing, blues et gospel. Pourquoi cette direction artistique ?

Florence : On ne voulait pas entrer dans une case, c’est très important, c’est la valeur commune de ce trio Misses Swing. On voulait balayer toutes les musiques afro-américaines donc des reprises de Gospel, Soul, Swing, Jazz, Blues mais aussi présenter des créations.

 

Vous êtes un trio et si vous chantez le même texte, ce qui est remarquable c’est qu’on entend chacune de vos voix.

Florence : C’est drôle parce que c’est la première fois qu’on nous dit ça. Dans le deuxième album, vous allez ressentir plutôt une homogénéité vocale, où les trois voix ne font qu’une. Par contre, c’est un choix artistique que d’avoir trois timbres vocaux très différents, c’est ce qui donne une couleur musicale très particulière.

Laura M. : On ne voulait pas qu’il y ait une voix qui ressorte plus que les autres, on ne veut pas qu’il y ait une soliste et derrière deux choristes.  Si on a des solos, nous sommes toutes les trois au même niveau, en fait.

Florence : Il n’y a pas de leader. Sur toutes les chansons, nous sommes choristes et solistes. Aux Etats-Unis, tous les choristes notamment de Gospel sont solistes et chef de chœur même, ce qui n’est pas le cas en Europe. Nous avons choisi de suivre le modèle afro-américain parce que c’est notre distinction, on voulait que ce soit nouveau et aussi que chacune ait la possibilité d’être valorisée.  

 

Le 1er juillet, vous avez sorti un nouvel album intitulé « L’Autre Rive ». Parlez-nous-en.

Florence : Il y a des reprises et des créations espagnoles, c’est tout nouveau.

Laura A. : En fait, je suis espagnole, toute ma famille est espagnole, je parle couramment la langue. Dès le début du projet, Florence et Pascal qui est notre directeur musical et notre percussionniste, m’avaient dit qu’il fallait absolument que j’écrive en espagnol pour Misses Swing. Je ne m’imaginais pas du tout faire ça et puis petit à petit les choses se sont décantées et puis l’espagnol est arrivé.

Florence : Et les reprises qu’on fait, pour certaines, on les a tellement remodelées à notre manière qu’on ne les reconnait pas comme par exemple « It don’t mean a thing » de Duke Ellington. D’autres sont des morceaux tellement vieux que les gens les ont oubliés. Et puis surtout on a des messages forts dans cet album-là. On a notamment écrit une chanson après les attentats qui s’appelle « Ici-bas », un titre franco-espagnol à la fois doux, triste et avec la dynamique espagnole, joyeux. On a envie que notre musique puisse faire réfléchir, qu’elle fasse avancer la pensée sur des thèmes tels que la tolérance et l’ouverture d’esprit.  

 

On sent qu’avec ce deuxième album, vous avez franchi un cap, il y a, sans que vous ne vous vexiez, un côté plus professionnel, avec un nouveau site internet, l’arrivée d’une attachée de presse.

Florence : Le projet a été créé il y a 3 ans et demie et ça fait à peu près 2 ans et demie qu’on est sur scène, c’est vrai que Misses Swing commence à être bien connu notamment au niveau local. Ce professionnalisme vient aussi de l’équipe qui s’est formée autour de Misses Swing, nous sommes 14 en tout. Et c’est vrai qu’il nous manquait une attachée de presse pour pouvoir promouvoir l’album et le faire écouter au plus grand nombre.

 

Aujourd’hui, vivez-vous de votre musique ou vous avez une profession en parallèle ?

Florence : Nous avons des professions en parallèle. Laura (Alto) chante dans un autre groupe, Laura (Soprano) a son entreprise de peluches et moi je suis consultante dans le social et dans le sport. Donc ce qui est bien, c’est qu’on n’a pas d’enjeux financiers, on n’a pas la pression de gagner de l’argent à tout prix. Le plaisir prime !

 

Le 7 Juillet prochain vous serez en concert sur la Place des Quinconces pour la demi-finale de l'Euro 2016. Pour ma part, je n’aurais jamais imaginé que le swing et le foot puissent se côtoyer un jour !

Florence : C’est grâce à une personne qu’on adore et qui est notre marraine, c’est Arielle Piazza, adjointe au maire de Bordeaux (en charge des sports, de la jeunesse et de la vie étudiante, Ndlr). Elle s’est battue pour que les associations bordelaises puissent réellement intégrées l’Euro 2016, pour que ce soit un événement bordelais. C’est une femme entourée de femmes. Le hasard a fait qu’on l’a rencontrée sur une scène ouverte au Rallye des Pépites Bordelaises. C’est à cette occasion qu’elle nous a invité à faire un concert pendant l’Euro pour féminiser le foot, parce qu’elle ne voulait pas qu’il n’y ait que du rock. On adore le rock mais c’est bien qu’il y ait autre chose. 

 

Le deuxième album des Misses Swing « L’autre rive » est sorti le 1er juillet 2016. Retrouvez toutes les dates de concerts sur www.missesswing.fr