SHT Crew

FEVRIER 2017

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« Cet EP « Premier Acte », c’est une manière de nous présenter au public. »

 

Sweet High Time Crew, c’est un duo de MC, Manu aka Numan et Quentin aka Laspla qui se racontent ou racontent le monde autour d’eux sur un imposant fond musical rythmé par des sonorités reggae, hip hop. A seulement 22 ans, les deux ingénieurs du son de profession, l’un originaire de Biscarrosse, l’autre de Bayonne, sortent leur premier EP, « Premier Acte » paradoxalement plongé dans la désillusion et l’espoir.

 

Comment le projet Sweet High Time Crew (SHT Crew) est-il né ?

Numan : Ce projet est né à Angoulême. On s’est connu là-bas avec Quentin, pendant les études, nous avons fait un BTS Audiovisuel tous les deux. En 2012, on a commencé à jouer de la musique, un peu, ensemble. Et de fil en aiguille, on s’est mis à composer. Au début, c’était surtout de la musique acoustique, en guitares-voix.

Laspla : C’était vraiment pour se découvrir l’un et l’autre, pour le plaisir et puis on a rendu la chose un peu plus concrète deux ans après, en faisant des clips, en enregistrant en studio. C’est à ce moment-là qu’on a réellement monté un projet.

 

Vous parliez de découverte entre vous, au départ, les influences étaient-elles les mêmes ?

Laspla : Pas du tout. Moi, je viens plus du rock et Manu, plus du reggae. Du coup, Manu m’a fait découvrir son univers et on écoutait plus ou moins du hip hop donc petit à petit on a intégré ces influences à notre projet.

Numan : Notre musique en fait, c’est un mélange, on a ce côté reggae/hip hop mais on a aussi des influences pop rock, dans les voix en tout cas.

 

Chacun chante dans ce duo ?

Laspla : Oui, nous sommes les deux chanteurs et depuis peu on a développé plusieurs formules.

Numan : Il y a live band avec quatre musiciens, une formule sound-system avec un DJ et une formule acoustique avec trois musiciens.

 

Pourquoi tant de formules ?

Laspla : Pour pouvoir jouer partout et s’adapter aux propositions qu’on peut nous faire. Que ce soit à 18h en bord de plage ou dans une salle avec un DJ pour arracher la tête à ceux qui boivent un coup ou sur une grande scène avec la formation live band pour montrer ce qu’on sait faire.

 

Comment vous est venue l’idée de rendre ce projet plus professionnel ?

Laspla : Ça a été instinctif. On a toujours fait de la musique, Manu avait déjà des expériences, de mon côté j’avais des petits groupes dans j’étais plus jeune. Il y a eu le feeling entre nous, donc on a sorti un clip qui a plus ou moins bien marché, puis un autre…

Numan : C’est une passion comme d’autres font du sport. Alors pour nous, c’était évident de continuer à travailler notre musique.

Laspla : Et quand on voit que les gens sont réceptifs à notre musique, ça nous donne envie de continuer.

 

Participez-vous à des concours de jeunes talents ?

Numan : Non, mais parce que nous n’avons pas le temps, ni l’opportunité de le faire. Mais on le fera après si nos emplois du temps nous le permettent. Là, on fait pas mal de dates.

 

Comment décrochez-vous ces dates ?

Laspla : Soit au culot, en disant : « Salut, c’est nous. Est-ce qu’on peut jouer ? »

Numan : Mais pour la moitié de nos dates, ce sont les gens qui sont venus vers nous. On joue pas mal en Nouvelle Aquitaine. Et puis, j’ai tourné pas mal avant le duo et je tourne encore avec d’autres formations, du coup j’ai pas mal de bons plans. Du côté de chez Quentin, à Bayonne, on bosse avec une association, La Locomotive, qui a pas mal de plans pour les concerts. Du coup, grâce à ça, on arrive à bien tourner et ce depuis 2014.

 

Votre EP « Premier Acte » sortira dès le 9 mars, comment avez-vous travaillé sur cet opus ?  

Laspla : Dans tout ce qui est création, on apporte la même quantité de travail. Ce n’est pas chacun de son côté mais c’est comme ça vient, au feeling. Par exemple, Manu va écrire un texte sur un son qui lui plaît puis il me l’envoie. Si j’ai de l’inspiration dessus, je gratte ma partie. Ça se fait ou pas, on met ça en place, on voit ça tous les deux, on en parle, on essaie.

Numan : Pour ce projet, nous n’avons pas travaillé avec des musiciens pour créer les bandes sonores, mais avec des beatmakers. Ces personnes nous ont créé des parties instrumentales qu’on joue avec le DJ en live. C’est cela qu’on réadapte aujourd’hui pour le live avec le live band. Une fois qu’on a les parties instrumentales, on bosse dessus. Travailler avec ces beatmakers donne une patte 2017, plus numérique, plus digitale.

 

Et dans les textes, de quoi vous inspirez-vous ?

Laspla : De tout, du monde qui nous entoure. C’est notre vision, du haut de nos 22 ans, du monde. Nous n’avons pas forcément la même vision Manu et moi, c’est là où nous sommes complémentaires. Ma vision est plus pessimiste, celle de Manu est plus optimiste. Moi, j’ai besoin d’écrire pour évacuer tout ce qui me fait un peu enrager. Du coup, on a des textes qui peuvent être un peu mélancoliques, mais toujours avec une note d’espoir apportée par Manu.

Numan : On a aussi des textes très égocentriques, qui parlent de nous, de notre parcours de A à Z. C’est un peu le fil de cet EP « Premier Acte », c’est une manière de nous présenter au public.

 

Pensez-vous déjà à l’album ?

Numan : Oui, nous y pensons, mais chaque chose en son temps. On va déjà voir comment l’EP atteint les gens, parce que c’est le premier projet concret. Avant nous ne sortions que des clips et des singles.

Laspla : On a déjà des petites choses de côté à affiner…

 

D’où vient le nom de votre duo, Sweet High Time Crew ?

Numan : Ça remonte à loin ça ! Sweet High Time Crew, c’est un crew que j’avais vu sur Biscarrosse avec des potes. Enfin un crew, c’était surtout une bande de potes ! A l’époque, on ne faisait pas grand-chose, on faisait du skate, du surf, et tout ce qui va avec… Et puis, voilà on avait trouvé ce nom. Quand j’ai rencontré Quentin, je me suis dit que ce nom s’accorderait bien avec notre musique assez « chill », posée.

Laspla : C’est vrai qu’on essaie de cultiver ce style « chill ». C’est notre état d’esprit, on est dans Les Landes, l’été on va à la plage, on passe de bons moments relaxants. On veut aussi donner un côté frais à notre musique, et donner envie de bouger.

Numan : Oui, parce que nos textes ne sont pas révolutionnaires dans le sens où on n’a pas le poing levé. Dans ce monde de fou, ça fait du bien d’écouter une musique plus posée et pas forcément porteuse d’un message hyper sérieux.

 

Avez-vous envie de rejoindre une boîte de production ou au contraire de rester indépendants ?

Laspla : Une boîte de production peut-être un bon outil mais qui peut avoir de vraies limites. C’est-à-dire que pour trouver des dates, pour se montrer, ça peut être un super booster, mais par contre du coup tu deviens un peu dépendant de cet outil. Et puis, quand tu montes un projet sur lequel tu as travaillé pendant des années, tu n’as pas envie qu’il appartienne à moitié à quelqu’un d’autre. C’est un peu le risque. Mais si on nous démarche, on y réfléchira bien sûr.

 Numan : Ça dépend qui, ça dépend quoi et dans quelles conditions. Nous restons méfiants quand même.

 

« Premier Acte » de Sweet High Time Crew à écouter sur SoundCloud dès le 9 mars 2017. Suivez Numan et Laspla sur www.facebook.com/SHTCREW