Sinto Pap (Scène Aquitaine)

JUIN 2017

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« Rester à Bordeaux me permet de préserver mon inspiration. »

 

Sinto travaille son flow, ses textes et sa gestuelle pendant des années devant sa glace, tout en réalisant en parallèle des études de droit. Avec des mélodies pleines d'émotions, il se fait remarquer par le producteur et ancien rappeur Passi. Sinto Pap se démarque des autres artistes grâce à son grain de voix unique et sa musicalité exceptionnelle, alliant des sonorités Hip-Hop, Soul, Afro & Pop.

 

Des études de Droit à la musique, il n’y a qu’un pas, comment l’avez-vous franchi ?

Ça s’est fait tout naturellement, pendant mes études. A l’adolescence, j’ai été piqué par le rap, par la culture rap. J’ai développé mon écriture après avoir passé le bac. Je faisais les deux en même temps et puis après la fac, la musique a pris le dessus sur le reste.

 

A cette époque-là, vous vous produisiez déjà sur scène ou c’était juste pour vous ?

Oui, à l’époque je faisais déjà partie de deux, trois gros collectifs rap à Bordeaux. J’ai grandi à la Rock School Barbey. J’ai commencé à participer à ses ateliers en 2003. J’ai fait partie entre autres du groupe Ghetto GBC en 2005 avec lequel on a rempli deux fois la grande salle de la Rock School Barbey. En 2008, on avait sorti un album qui avait comptabilisé plus de 500 000 téléchargements. Depuis, j’ai fait une cinquantaine de premières parties pour IAM, IV my people, Factor X et même pour l’Américain Redman en 2009 etc. Tout ça fait que je suis un jeune du mouvement de la ville de Bordeaux.

 

Malgré toutes ces expériences, c’est la rencontre avec Passi qui a été déterminante pour vous. Racontez-nous comment ça s’est passé ?

Bien sûr, cette rencontre a été déterminante dans le sens où, quand vous faites de la musique comme moi depuis longtemps et que vous n’avez pas une épaule sur laquelle vous appuyer, c’est difficile de percer. La rencontre avec Passi s’est faite par bouche-à-oreille. Une de mes connaissances avait appris que Passi cherchait un chanteur pour le label InFact (Warner Music). J’ai envoyé ma maquette et ça a mordu assez vite. Une semaine après j’avais rendez-vous chez Warner et on a enchaîné avec le premier single « Besoin d’air » très rapidement. 

 

Vous a-t-il apporté des conseils ou vous a-t-il laissé faire à votre sauce ?

Passi a eu le rôle d’un grand frère, c’est un homme d’expérience, il n’est plus à présenter, il a une carrière  énorme, il a des disques d’or à son actif. Je suis assez humble pour prendre tous ses conseils. Après en ce qui concerne le travail, je réalise tout à Bordeaux, où j’ai mon studio, avec mon équipe. Toutes les maquettes sont faites à Bordeaux et ensuite on monte à Paris et on sélectionne les meilleurs morceaux avec Passi. C’est pour cela que je dis que Passi a eu un rôle de grand frère, de superviseur et tous ses conseils sont les bienvenus.

 

Rester à Bordeaux, c’est important pour vous ?

C’est une question d’environnement. Quand on habite dans une ville magnifique telle que Bordeaux, on a du mal à la quitter. Personnellement, je ne m’imagine pas m’installer ailleurs. Et puis, Paris ne sera bientôt plus qu’à deux heures en train… J’ai ma vie à Bordeaux. Et puis, rester à Bordeaux me permet de préserver mon inspiration.

 

Puisque vous me parlez d’inspiration, qu’avez-vous envie de raconter dans vos textes ?

J’aborde la musique comme des faits divers. Je m’inspire de ma propre vie c’est pourquoi j’utilise souvent le pronom personnel « je ». Je m’inspire aussi de mes proches, de tout ce qui m’entoure. Ma musique se veut fédératrice dans les thèmes, dans la manière de penser. De nos jours, il est plus facile de désunir que d’unir, donc pour prendre le contrepied de cela, ma musique s’accompagne toujours d’une touche très positive. 

 

La musique est-elle un exutoire, une thérapie ?

C’est un exutoire comme en témoigne mon premier single « Besoin d’air ». Ça fait partie de la vie de tous les jours, tout le monde a besoin à un moment donné de changer d’air. On a besoin de casser la routine. Moi, je joue beaucoup la musique à l’instinct. C’est aussi pour ça que j’écris tout en studio, je réalise tout en studio. C’est vraiment un exutoire. 

 

Vous avez sorti deux premiers singles, « Besoin d’air » et « Celle qui me fallait ». Un troisième arrive au mois de juillet « Mon Djooz ». A quand l’album ?

On espère courant 2018. Pour le moment, on va continuer à envoyer des singles jusqu’au mois de décembre, pour prendre la température. Je n’ai pas de pression de temps, on verra quand la température sera assez chaude pour envoyer l’album. On y travaille, on a déjà assez de morceaux pour faire quatre albums ! (Rires) L’envie actuelle, c’est de fédérer le maximum de personnes autour de ma musique, de ce que je peux développer et de ma personnalité.

 

Vous avez de formidables occasions de tester vos singles sur scène à l’occasion de premières parties d’artistes majeurs dans l’univers rap/ hip-hop. Qu’est-ce qui se passe dans votre tête quand vous montez sur scène ?

C’est un moment magique et très spécial. Quand tu montes sur scène, et que dans la salle personne ne te connaît, ça fait monter l’adrénaline. C’est assez excitant de présenter son univers le temps de 10, 15 minutes. C’est la partie que j’aime le plus dans la musique parce qu’on est face au public, on doit faire passer des émotions. Je pense être un artiste très scénique.

 

Sinto Pap en première partie de Keblack le 4 novembre au Théâtre Fémina et de Disiz la Peste le 10 décembre à la Rock School Barbey.