The Serial Crooners

AOUT 2016

© Culture Mag Atlantique 

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« On reprend les grands standards […] mais on les met à notre sauce, dans un esprit « repris de justice ». » 

 

Sous des allures de criminels des années 30, à la façon de Bonnie et Clyde, Dee Ann au chant et Jean-Pascal Perales au piano, reprennent les plus belles chansons des crooners de renom tels que Frank Sinatra, Dean Martin ou plus récent Michael Bublé. Leur nom de scène : Les Serial Crooners. Jean-Pascal Perales, l’initiateur de cette formation née en 2008, nous raconte l’histoire des Serial Crooners.

 

Les Serial Crooners, comment ce projet a-t-il été créé ?

C’est une formation qui est assez ancienne. Ça date de 2008. Ce n’est pas un duo à géométrie variable mais c’est un duo qui a évolué. En 2008, j’étais partie avec un chanteur, Edouard, qui était issu du lyrique et qui voulait se mettre au jazz. On a tourné ensemble pendant deux ans. Puis on s’est séparé, du coup Serial Crooners est resté en sommeil pendant quelques années. Il y a trois ans, j’ai souhaité relancer cette formation parce que finalement ça plaisait bien ce qu’on avait mis en place.  Donc je me suis mis à la recherche d’un autre chanteur, que j’ai fini par trouver. On a fait un petit bout de chemin et puis il y a eu une nouvelle séparation. Je me suis mis en quête d’un troisième chanteur. J’avais des prestations qui arrivaient et je n’avais toujours pas de chanteur. J’en ai parlé à Dee Ann, une collègue musicienne, professeur de chant à l’Ecole de musique de Créon, d’ailleurs je suis moi-même professeur de piano à cette école. Elle m’a demandé ma liste de chansons pour voir quel élève serait susceptible de m’accompagner. Enfin de compte, elle s’est aperçue que sur le répertoire d’une trentaine de morceaux, elle connaissait 90% des chansons. Du coup, elle s’est proposée pour me dépanner. On l’a fait. Je n’avais jamais pensé à une femme dans le concept de Serial Crooners qui est particulier puisqu’il est au départ taillé pour deux bonhommes. Et au final, on s’est rendu compte que ce n’était pas si mal que ça fonctionnait avec une chanteuse. Du moment qu’elle est dans l’esprit des Serial Crooners, ça roule !

 

Quel est l’esprit des Serial Crooners ?

Tout est dans le nom du groupe ! C’est-à-dire qu’on fait ce qu’on appelle de la « Croon ». On reprend toutes les chansons des grands crooners, Dean Martin, Frank Sinatra, pour les plus récents Michael Bublé, Peter Cincotti et pour les Français, Henri Salvador, Yves Montand… On reprend les grands standards, qui ont déjà été faits par d’autres, mais on les met à notre sauce, dans un esprit « repris de justice ». 

 

Chanter avec une femme, cela a-t-il changé votre façon d’interpréter ces reprises ?

Bien évidemment, ça change l’interprétation des chansons puisqu’une femme ne va pas interpréter un morceau de la même manière qu’un homme. D’une part à cause du registre vocal mais aussi la complicité n’est pas la même. Entre deux bonhommes, c’est une complicité masculine, plus brute, là c’est une complicité un peu plus tournée vers le charme et pas seulement entre nous, mais avec le public aussi.

 

Sur scène, vous portez le costard, le borsalino etc ?

Quand on peut le faire oui, parce que lorsque nous faisons des prestations piano-bar, nous ne nous costumons pas forcément. Mais dès que nous sommes dans un format concert, oui, nous nous habillons dans l’esprit des années 30 - 50. Donc pour moi, c’est pantalon blanc, chemise noire, cravate rouge, brettelles blanches, le holster sous le bras gauche avec le pistolet qui pendouille, le borsalino sur la tête bien évidemment…

 

Ressentez-vous une sorte de nostalgie de ces années-là ?

Pas forcément pour « ces années-là » parce que je ne les ai pas vécues mais plutôt pour la musique de ces années-là. C’était une musique qui était très travaillée, très riche, beaucoup plus que la musique actuelle. Au niveau des harmonies, des rythmes, il y a des finesses extraordinaires dans cette musique-là. On pouvait faire beaucoup de choses, tout était permis. On dit que dans le jazz il n’y a pas de fausses notes donc on peut faire des associations de notes. Personnellement, le jazz est une musique qui m’a réveillé. Dans les années 60, j’écoutais beaucoup de variétés françaises parce que mes parents aimaient ça. Puis, de mon côté j’ai écouté un petit peu de variétés anglo-saxones mais c’est surtout quand j’ai commencé à entendre du jazz que je me suis dit : « ça, ça me plait ! ». Ensuite, toujours en écoutant du jazz, j’ai découvert le rock dans les années 70, j’ai plongé dedans. Donc oui, on peut dire que je suis très nostalgique des années 60-70.

 

Est-ce cette découverte-là qui vous a donnée envie de faire de la musique votre métier ? 

Oui, sauf que je ne l’ai pas fait tout de suite. J’ai commencé la musique à l’âge de 5 ans et demi. J’ai pris des cours de piano classique pendant une douzaine d’années. Mais parallèlement à cette formation-là, je prenais déjà tous les chemins de traverse, c’est-à-dire que je ne restais pas sur la voie des choses qu’on m’enseignait. Je récupérais toutes les techniques harmoniques et j’essayais de mettre ça en œuvre mais dans des domaines parallèles. J’ai poursuivi mes études en école d’ingénieurs tout en continuant à faire de la musique. Pour financer mes études, j’enseignais l’orgue, c’était la grande mode à l’époque. Puis quand j’ai fini mes études, je me suis posé la question à savoir : est-ce que j’exploite mon diplôme ou est-ce que je me lance à fond dans la musique ? J’ai préféré exploiter mon diplôme parce que je savais pertinemment qu’un jour j’allais me lever avec le sentiment de ne pas avoir envie d’aller travailler. Et je n’ai pas eu envie de ne pas avoir envie de faire de la musique. J’ai donc gardé la musique comme loisir et j’ai exploité mon diplôme. Au bout de 29 ans de travail « classique », j’ai senti venir un burn-out et j’ai dit « stop ». J’ai pris une année sabbatique. Je n’ai pas voulu végéter pendant un an, donc j’ai changé mon matériel de musique, j’ai acheté un nouveau piano et je me suis mis à faire de la musique et à ne faire que ça. Je fais pas mal d’enseignement, le piano, le solfège et la musique assistée par ordinateur. Je coache aussi des groupes pour leur apprendre à travailler ensemble, à jouer, à s’écouter, à organiser une scène etc.

 

Votre expérience ne vous a-t-elle jamais donné envie de faire votre propre album ?

J’ai toujours eu peur d’écrire mes textes. Quand j’étais plus jeune j’avais écrit deux textes et quand j’ai vu ce que ça avait donné, je me suis vite rendu compte que ce n’était pas mon job ! (rires) Mais j’ai composé et je continue à composer. Je me suis remis à écrire il y a deux ans, il y a des choses qui sortent mais c’est du brut. Le volcan est restait éteint très longtemps, la cocotte-minute était sous-pression et quand j’ai ouvert le couvercle, ça a explosé.   

 

Où vous produisez-vous en concert ?

J’ai envie de vous dire partout où on nous demande de nous produire ! (rires) On fait quelques démarchages et puis, de temps en temps, on a des contrats pour des dates ici et là. On fait aussi des soirées privées.

 

Les Serial Crooners - 06 76 56 00 16 – jpascal.perales@free.fr www.triplaccroche.fr - www.facebook.com/serialcrooners.